
La Thaïlande a enregistré en mars 2026 un niveau d’exportations inédit, confirmant la bonne tenue de son commerce extérieur. Mais derrière cette performance se cache un déséquilibre croissant, avec des importations en forte hausse qui creusent le déficit commercial.
Un record historique pour les exportations
En mars, les exportations thaïlandaises ont bondi de 18,7 % sur un an, atteignant 35,16 milliards de dollars, soit le niveau mensuel le plus élevé jamais enregistré. Sur l’ensemble du premier trimestre 2026, elles progressent de 17,6 %, à 96,17 milliards de dollars.
Cette dynamique repose principalement sur les produits industriels, en particulier les secteurs liés à la technologie.
L’électronique, moteur de la croissance
Les exportations industrielles ont progressé de 21,4 % en mars et de 21,3 % sur le trimestre. Les produits électroniques dominent largement : équipements téléphoniques, ordinateurs, transformateurs électriques ou encore machines industrielles.
Cette tendance reflète la demande mondiale liée aux centres de données, à l’intelligence artificielle et aux investissements technologiques. La Thaïlande s’inscrit ainsi pleinement dans les chaînes d’approvisionnement globales.
L’agriculture à la peine
À l’inverse, les exportations agricoles restent en difficulté. Elles reculent pour le huitième mois consécutif, avec une baisse de 10,7 % en mars et de 5,5 % sur le trimestre.
Le recul concerne notamment le poulet et le caoutchouc, même si certains fruits résistent. Les produits agro-industriels montrent toutefois des signes de reprise, portés par le sucre, les huiles et l’alimentation animale.
Des marchés d’exportation contrastés
La croissance varie fortement selon les régions. Les exportations explosent vers l’Asie du Sud (+123,3 %), l’Australie (+56,2 %) et surtout les États-Unis (+41,9 %), qui représentent désormais 25,1 % des débouchés.
En revanche, elles chutent vers le Moyen-Orient (-57,1 %), la Russie (-38,9 %) ou encore la Chine (-1,1 %). Cette baisse s’explique notamment par les tensions géopolitiques et le ralentissement de certains marchés.
Des importations en forte hausse
Les importations ont augmenté encore plus rapidement que les exportations, avec une hausse de 35,7 % en mars, atteignant 38,50 milliards de dollars. Résultat : un déficit commercial de 3,34 milliards de dollars sur le mois. Sur le trimestre, le déficit cumulé s’élève à 9,48 milliards de dollars.
Cette hausse s’explique par les achats de biens d’équipement et de composants, notamment en provenance de Chine. Le déficit commercial avec ce pays atteint 7,32 milliards de dollars en mars.
Par ailleurs, les importations d’or ont explosé (+181,2 %), contribuant fortement au déséquilibre. Hors or, le déficit serait limité à environ 1 milliard de dollars.
Des perspectives incertaines
La dynamique actuelle repose largement sur la solidité du secteur électronique et sur la demande mondiale. Elle bénéficie aussi d’un effet d’anticipation lié aux incertitudes commerciales avec les États-Unis. Cependant, plusieurs risques pèsent sur les perspectives : les tensions au Moyen-Orient, le ralentissement de la demande mondiale ou encore une inflation élevée. À cela s’ajoute la faiblesse persistante du secteur agricole.
Dans ce contexte, la capacité de la Thaïlande à maintenir sa croissance dépendra surtout de la poursuite du cycle favorable de l’électronique et de la résilience de ses principaux marchés.
Gaston Baht
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