
Les Philippines et le Japon ont officiellement lancé des négociations en vue de signer un accord de partage d’informations militaires sensibles, marquant une nouvelle étape dans le renforcement de leur coopération face aux tensions en mer de Chine méridionale.
Dans une déclaration conjointe, les ministères japonais et philippin des Affaires étrangères ont confirmé l’ouverture de discussions sur un accord de type General Security of Military Information Agreement (GSOMIA), un dispositif déjà utilisé par Tokyo avec les États-Unis, l’Australie, le Royaume-Uni et la Corée du Sud.
Un accord centré sur la sécurité maritime
Le futur accord doit porter sur le partage de renseignements concernant les mouvements de navires, les violations de l’espace aérien ainsi que les cybermenaces affectant la zone économique exclusive des Philippines en mer de Chine.
Le président philippin Ferdinand Marcos Jr a estimé que cet accord contribuerait à « renforcer non seulement les alliances régionales, mais aussi l’ordre international fondé sur des règles ». Les deux pays prévoient désormais d’organiser une réunion ministérielle « 2+2 » à Tokyo en septembre, réunissant les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux États.
Tokyo renforce son offensive en Asie du Sud-Est
Cet accord s’inscrit dans la stratégie plus large du Japon visant à renforcer ses partenariats militaires avec plusieurs pays d’Asie du Sud-Est. Début mai, le ministre japonais de la Défense Koizumi Shinjiro s’était déjà rendu à Jakarta et Manille afin d’approfondir la coopération maritime avec l’Indonésie et les Philippines.
Tokyo cherche notamment à renforcer trois axes majeurs : l’interopérabilité militaire, le partage d’informations sensibles et les transferts d’équipements militaires japonais. Le Japon a récemment assoupli ses règles sur les exportations d’équipements de défense.
Des satellites japonais pour surveiller la mer de Chine méridionale
Le ministère japonais de la Défense a également annoncé vouloir proposer aux Philippines un protocole technique permettant à la marine philippine d’accéder à douze satellites japonais de surveillance d’ici 2027. Cette coopération renforcerait les capacités de surveillance maritime de Manille dans les zones contestées de la mer de Chine.
Parallèlement, le budget annuel de modernisation de la marine philippine est passé de 2,8 milliards de dollars à 4,1 milliards de dollars.
Pékin dénonce un accord hostile
La Chine a rapidement réagi à l’annonce de ces échanges. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a exprimé la « ferme opposition » de Pékin à ce rapprochement et a averti que la Chine prendrait des « contre-mesures nécessaires ».
Les tensions restent particulièrement fortes autour des revendications territoriales chinoises en mer de Chine, où plusieurs incidents impliquant des navires philippins et chinois se sont multipliés ces derniers mois.
Washington soutient le projet
Les États-Unis ont immédiatement salué cette initiative. La porte-parole du département d’État américain, Tammy Bruce, a indiqué que Washington « soutenait pleinement » cet accord, soulignant l’importance d’une coopération renforcée entre partenaires stratégiques dans la région indo-pacifique.
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