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FRANCE – POLITIQUE : Vue d’ailleurs, le monde au fond des urnes

Journaliste : Richard Werly Date de publication : 26/05/2026
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Chaque semaine, notre ami Richard Werly, conseiller éditorial chez Gavroche, partage sa vision de la France sur le site d’actualités suisse Blick. Vous pouvez vous abonner à sa lettre d’information, Republick, ou la consulter en ligne.

 

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Si Jean-Luc Mélenchon voit juste, les dés sont jetés : la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 se jouera… sur l’international. Vous m’avez bien lu. Le leader de La France insoumise (LFI, gauche radicale) en est convaincu. Cette fois, et contrairement à ce que prédisent les sondages, ce ne sont pas les questions du pouvoir d’achat, de la sécurité, de l’immigration ou du logement qui feront la différence. Les électeurs porteront leur choix sur le candidat le plus apte à représenter la France face aux dangers du nouveau monde façonné par Trump, Poutine et Xi Jinping. Mélenchon l’a affirmé avec conviction lors d’un échange avec la presse, avant de dérouler, lui le vétéran des luttes politiques latino-américaines, sa connaissance des enjeux internationaux afin de mieux démontrer sa crédibilité en la matière.

Le monde au fond des urnes en 2027 ? Et si cette prévision s’avérait juste dans un pays taraudé par deux aspirations jamais totalement assouvies : sa volonté d’indépendance et son obsession de l’égalité ? J’ai appris, lors du festival Étonnants Voyageurs qui s’est tenu ce week-end à Saint-Malo, que le podcasteur du service public Philippe Collin prépare douze épisodes consacrés au général de Gaulle, dont un seul sur la Seconde Guerre mondiale. Tiens, tiens… De Gaulle, l’homme qui dit « Non » à l’OTAN et pratiquait la politique de la chaise vide à Bruxelles. Et si la prédiction de Mélenchon se confirmait ?

Avouez que, dans ce cas de figure, la donne électorale serait profondément rebattue. Confier les rênes du pays, en pleine turbulence mondiale, à Jordan Bardella ? Risquer le divorce avec l’Union européenne sous l’égide de Marine Le Pen ? Parier sur la continuité européenne macroniste du très franco-français Gabriel Attal ? Ou se brouiller avec les Allemands derrière un Jean-Luc Mélenchon très fier d’avoir autrefois écrit un pamphlet antigermanique intitulé Le Hareng de Bismarck ?

Dans cette équation politique hors norme, Dominique de Villepin pourrait-il tirer son épingle du jeu ? Je vous signale en tout cas que Raphaël Glucksmann, que beaucoup attendent, vient de publier une sorte de livre-programme intitulé Nous avons encore envie (Allary Éditions). Envie de quoi, au fait ?

Bonne lecture, avec l’envie d’avoir envie !

(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)

 

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1 COMMENTAIRE

  1. Un éditorial des plus alambiqués, parmi les nombreux autres qu’il nous soit donné de lire. Une affirmation dite contre-intuitive dont, à la lecture, on n’arrive pas à savoir si elle est partagée par l’auteur ou si elle est posée comme hypothèse, cas d’école pour un exposé à « Sciences Po Grenoble », et comme devant être rejetée. La tonalité de cet édito, peignant Mélenchon en leader international expérimenté, si ce n’est le plus expérimenté, pourrait amener le lecteur à penser que notre éditorialiste partage cette opinion ou, dans une forme humoristique helvétique, le contraire. Je voudrais partager cette interprétation…

    La suite de l’édito et les deux comparaisons qui suivent tendent à accréditer la litote que notre éditorialiste semble vouloir manier. Aucun des trois ne semble être à la hauteur des enjeux internationaux qui attendent le pays… Encore que la rédaction pourrait autoriser une forme de crédit attribuée au « Chavez hexagonal ». Je préfère retenir une formulation humoristique, bien que non dénuée d’ambiguïté, une ambiguïté voulue ou inconsciente ?

    Sortir inopinément de Villepin, en deus ex machina, du chapeau suisse pour faire semblant de clore la discussion tout en la relançant avec la publicité donnée au dernier traité de philosophie sur « l’envie » et l’envie de l’envie semble consister à vouloir enfoncer les derniers clous sur le cercueil des envies — lesquelles ? — de notre éditorialiste. Toutes celles que la succession des noms évoque dans une envie plutôt vomitive ?

    Mais comme toujours, et c’est l’un des charmes des éditoriaux qui malheureusement ne se succèdent plus avec la régularité d’un coucou suisse (au point d’avoir craint que Gavroche l’avait banni), ils nous plongent dans la perplexité du flou.

    Mais rien sur É. Philippe qui, d’après un dernier sondage Eudoxa, serait dépassé, mais d’une epsilonesque tête, par le « Chavez hexagonal », É. Philippe en Dieu caché ? Mais que le PNF tente d’atteindre de ses flèches inquisitoriales auxquelles LFI a, pour le moment, échappé. Une élection présidentielle d’un nouveau genre ? Une élection à laquelle le PNF se serait substitué au suffrage universel ?

    Les questions internationales n’ont jamais constitué, en France, un carburant électoral de la présidentielle. La particularité mélenchonienne, son talent diront certains, son génie vu de Suisse, est d’avoir « surfé » sur le conflit entre Gaza et Israël en en faisant une cause politique hexagonale, en espérant mobiliser un électorat sur fond d’antisionisme mâtiné d’antisémitisme et, si possible, de l’élargir à une partie de l’électorat jeune et urbain piloté par quelques « Instituts d’Études Politiques » plus ou moins huppés.

    Le « concept » de « Nouvelle France », recyclage du « grand remplacement » et dont J.-L. Mélenchon s’érige en gourou, qu’il oppose, via ses égéries M. Panot et R. Hassan, à la France rance, « blanche et toute moche », une France « raciste » et « fasciste », va-t-il être le slogan suprême de la future présidentielle ? La direction semble être prise en ce sens…

    C’est dans cette polarité mortifère que la stratégie mélenchonienne compte évoluer face à un candidat RN que les sondages donnent gagnant dans tous les cas de figure depuis un an et demi. La fébrilité du camp socialiste, la division du camp centriste et de droite accélèrent la polarisation qui, alimentant l’abstention, risque de nuire aux discussions sur les programmes de chacun, de les mettre sous le boisseau et, paradoxalement, de faire de J.-L. Mélenchon le meilleur allié du RN.

    Un Mélenchon qui s’imagine en « Che Guevara hexagonal » et qui, misant sur le temps long — pas celui des élections mais celui des « focos » — rêve d’allumer et d’alimenter dans les quatre coins du nouvel hexagone.

    Et pourtant, pour ne prendre qu’un exemple crucial dans le contexte économique et budgétaire actuel, celui des retraites : quelle durée de travail ? À quel âge la prendre ? Avec quel montant ? Autant de réponses contradictoires, voire opposées, par exemple entre un J.-L. Mélenchon, un É. Philippe et un J. Bardella.

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