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Si Jean-Luc Mélenchon voit juste, les dés sont jetés : la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 se jouera… sur l’international. Vous m’avez bien lu. Le leader de La France insoumise (LFI, gauche radicale) en est convaincu. Cette fois, et contrairement à ce que prédisent les sondages, ce ne sont pas les questions du pouvoir d’achat, de la sécurité, de l’immigration ou du logement qui feront la différence. Les électeurs porteront leur choix sur le candidat le plus apte à représenter la France face aux dangers du nouveau monde façonné par Trump, Poutine et Xi Jinping. Mélenchon l’a affirmé avec conviction lors d’un échange avec la presse, avant de dérouler, lui le vétéran des luttes politiques latino-américaines, sa connaissance des enjeux internationaux afin de mieux démontrer sa crédibilité en la matière.
Le monde au fond des urnes en 2027 ? Et si cette prévision s’avérait juste dans un pays taraudé par deux aspirations jamais totalement assouvies : sa volonté d’indépendance et son obsession de l’égalité ? J’ai appris, lors du festival Étonnants Voyageurs qui s’est tenu ce week-end à Saint-Malo, que le podcasteur du service public Philippe Collin prépare douze épisodes consacrés au général de Gaulle, dont un seul sur la Seconde Guerre mondiale. Tiens, tiens… De Gaulle, l’homme qui dit « Non » à l’OTAN et pratiquait la politique de la chaise vide à Bruxelles. Et si la prédiction de Mélenchon se confirmait ?
Avouez que, dans ce cas de figure, la donne électorale serait profondément rebattue. Confier les rênes du pays, en pleine turbulence mondiale, à Jordan Bardella ? Risquer le divorce avec l’Union européenne sous l’égide de Marine Le Pen ? Parier sur la continuité européenne macroniste du très franco-français Gabriel Attal ? Ou se brouiller avec les Allemands derrière un Jean-Luc Mélenchon très fier d’avoir autrefois écrit un pamphlet antigermanique intitulé Le Hareng de Bismarck ?
Dans cette équation politique hors norme, Dominique de Villepin pourrait-il tirer son épingle du jeu ? Je vous signale en tout cas que Raphaël Glucksmann, que beaucoup attendent, vient de publier une sorte de livre-programme intitulé Nous avons encore envie (Allary Éditions). Envie de quoi, au fait ?
Bonne lecture, avec l’envie d’avoir envie !
(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)
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