
Des associations du nord de la Thaïlande appellent le Premier ministre Anutin Charnvirakul à se rendre à Chiang Rai le 5 juin prochain afin de discuter d’une pollution transfrontalière qu’elles attribuent à des activités minières menées en Birmanie et au Laos. À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, elles souhaitent faire de ce dossier une priorité nationale.
Depuis près d’un an, les autorités locales, les services de santé, les agences environnementales et les chercheurs universitaires surveillent la présence de métaux lourds dans plusieurs cours d’eau du nord du pays. Les inquiétudes concernent principalement les rivières Kok, Sai et Ruak, qui prennent leur source à proximité de zones minières situées de l’autre côté des frontières thaïlandaises avant de rejoindre le bassin du Mékong.
Une contamination qui inquiète les populations locales
Selon les représentants du réseau citoyen, les analyses menées au cours des derniers mois ont porté sur les rivières, les sédiments, les terres agricoles, les légumes, les poissons ainsi que l’eau distribuée aux habitants. Les résultats alimentent les inquiétudes quant à une accumulation progressive de métaux lourds dans l’environnement.
Pour les associations, le problème dépasse désormais le simple cadre environnemental. Elles redoutent des conséquences durables pour la santé publique, l’agriculture, la pêche et l’économie locale dans plusieurs provinces du nord du royaume.
Une question de diplomatie régionale
Les militants estiment que la Thaïlande ne pourra résoudre seule ce problème. Ils accusent certaines exploitations minières situées en Birmanie et au Laos de provoquer une pollution qui affecte directement les populations vivant en aval sur le territoire thaïlandais. Cette situation soulève des questions de responsabilité environnementale et de coopération régionale au sein du bassin du Mékong.
Les organisateurs rappellent qu’Anutin Charnvirakul avait lui-même évoqué devant le Parlement les risques liés à certaines activités minières dans les zones frontalières. Ils considèrent donc que le moment est venu pour le gouvernement de s’impliquer davantage et d’engager un dialogue direct avec les populations concernées.
Une mobilisation le 5 juin à Chiang Rai
À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, plusieurs événements sont prévus à Chiang Rai. Des artistes et associations locales organiseront notamment une marche baptisée « Cinq rivières, cinq blessures », en référence aux rivières Kok, Sai, Ruak, Mékong et Salouen. Le cortège rejoindra le siège de l’administration provinciale, où une pétition sera remise aux parlementaires de la province.
Des forums publics réuniront également agriculteurs, pêcheurs, commerçants, universitaires et habitants afin d’évaluer les conséquences économiques et sanitaires de cette pollution observée depuis plusieurs mois.
Faire de la pollution transfrontalière une priorité nationale
Au-delà de cette mobilisation locale, les organisateurs poursuivent un objectif plus ambitieux : obtenir la reconnaissance officielle de ce dossier comme une question d’intérêt national.
Selon eux, seule une implication directe du gouvernement central permettra à la Thaïlande de mener des discussions crédibles avec ses voisins et d’obtenir des mesures concrètes pour réduire les pollutions issues des activités minières situées en amont des cours d’eau. Ils demandent également aux autorités d’étudier des mécanismes de soutien pour les populations déjà affectées par les conséquences économiques de cette situation.
Pour les associations et les chercheurs mobilisés à Chiang Rai, l’enjeu dépasse désormais les frontières de la province. Il illustre un défi croissant pour la Thaïlande et l’ensemble de l’Asie du Sud-Est : gérer les conséquences environnementales d’activités industrielles situées dans les pays voisins, mais dont les effets se font sentir bien au-delà des frontières nationales.
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