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FRANCE – POLITIQUE : Vue d’ailleurs, Marine Le Pen, version drone sous-marin

Journaliste : Richard Werly Date de publication : 05/06/2026
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Marine Lepen

 

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Mais où est-elle passée ? J’ai beau savoir que tout va se jouer, pour Marine Le Pen, à l’issue du jugement que prononcera le 7 juillet la Cour d’appel de Paris, son silence actuel a de quoi interroger. La candidate déclarée du Rassemblement national à l’élection présidentielle a-t-elle déjà acté l’impossibilité de se présenter pour la quatrième fois à la présidentielle de 2027, si sa peine d’inéligibilité est confirmée dans l’affaire du détournement présumé de fonds publics du Parlement européen entre 2004 et 2017 ? Ou bien attend-elle, au contraire, le bon moment pour décoller, laissant d’ici là s’enliser Jordan Bardella dans son rêve d’Union des droites et de libéralisme économique à la mode Meloni, la présidente du Conseil italien ?

Les deux peuvent bien sûr être compatibles. J’ai pour ma part une autre thèse: celle de la plongée sous-marine pour mieux se rendre compte de l’état de la mer. Marine Le Pen, centrée sur les questions nationales, et figée dans son approche d’assistante sociale en chef, a du mal à comprendre ce qui passera, ou pas, auprès des électeurs lorsqu’arrivera l’échéance d’avril-mai 2027. La promesse de revenir à la retraite à 62 ans est-elle tenable? Sa proposition de retirer le pays du commandement intégré de l’OTAN, comme l’avait décidé en 1966 le général de Gaulle tient-elle debout?  Tout démontre, en effet, que la France, malgré sa dissuasion nucléaire, a besoin de ses alliés. A commencer par l’Allemagne voisine, qui regarde avec inquiétude l’affaissement de ses finances publiques.

 

Marine Le Pen préfère donc plonger pour éviter le ressac. Elle regarde la surface en redoutant la tempête. Il lui faut, pour l’emporter cette fois, une conjonction de facteurs climatiques favorables.

Marine est un drone sous-marin. Jordan est un destroyer aventureux. Je fais cette comparaison puisque l’on parle tous les jours du détroit d’Ormuz. Marine Le Pen veut éviter d’être trop repérée avant la clarification, fatale ou non. Elle est posée au fond de la mer des pouvoirs. Elle attend, laissant les nouveaux candidats s’agiter. Elle est le capitaine Nemo de la politique, à vingt mille lieues sous les mers de la présidence de la République.

 

Bonne lecture, en apnée avec Le Grand Bleu !

(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)

 

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2 Commentaires

  1. D’ici le 7 juillet, le temps politique du RN est suspendu. La candidature potentielle de Marine Le Pen est suspendue, même si elle semble être une hypothèse déjà écartée. La réduction de l’inéligibilité à deux ans est toutefois possible, comme la possibilité d’une candidature sous bracelet électronique, à laquelle Marine Le Pen s’est, pour le moment, refusée.

    La nécessité de ne pas gâcher l’avenir prime, et ce jusqu’à la date fatidique. D’ici là, il ne se passera rien. Les cotes de popularité des deux protagonistes du ticket sont au même niveau, élevées, distançant de moitié le candidat suivant, et ce depuis plusieurs mois. L’affirmation publique de différences, et encore moins de divergences, ne peut apparaître, même si les oppositions, si ce n’est les rivalités, existent, et ce au-delà de leurs personnalités, entre les équipes qui les entourent et les soutiennent.

    Pour le moment, Jordan Bardella semble prendre la lumière. Son image jeune et avantageuse rallie nombre de jeunes et de moins jeunes. Son compagnonnage avec une princesse huppée semble représenter un facteur multiplicateur d’attractivité. Son nom serait de nature à attirer le vote de nombreux électeurs de droite, et bien au-delà des « ciottistes » révulsés par le nom Le Pen ; stigmate indélébile que ces électeurs pourraient surmonter avec bonne conscience. L’adoubement par un ancien président de la République, le comparant à un jeune Chirac, jouera-t-il comme une onction de sainteté ? Foin des procès en inexpérience et en inculture, surtout si un vent d’alternance souffle et grossit comme en 1981.

    L’issue d’une campagne présidentielle avec Bardella au second tour dépendra évidemment de l’autre candidat. Les deux hypothèses actuelles, sous d’immenses réserves, sont J.-L. Mélenchon et É. Philippe. Dans le premier cas, un « barrage républicain antifasciste » sous la houlette mélenchonienne serait-il suffisant pour assurer son élection ? Mais d’abord, est-il envisageable ? Il est permis d’en douter tant son impopularité est grande, et son pro-palestinisme, souterrainement antisémite, reste répulsif pour une partie de la gauche dite de gouvernement. Dans le deuxième cas, il est permis de penser qu’une partie de la droite traditionnelle, surtout divisée entre plusieurs candidats au premier tour, se convertisse au « bardellisme ». L’hypothèse d’une éclipse définitive d’une « vieille » candidate, s’étant présentée à trois reprises et ayant échoué, serait probablement actée, y compris par ses sectateurs, enfin débarrassés du stigmate « infâmant », le sparadrap du nom maudit.

    Dans le cas où Marine Le Pen se présenterait, une nécessaire réorientation de son discours populiste et redistributif (héritier d’une partie de l’ancien électorat de gauche du « programme commun » mitterrandien) devrait être aménagée, au risque de fortes oppositions au sein du RN et des multiples tendances qui le composent, et que Jean-Marie Le Pen avait réduites. Pas d’autre solution qu’un changement de cap, comme après 1981, lorsque Mitterrand le fit.

    Wait and see…

    • Cher lecteur,
      Un grand merci pour votre réponse à l’éditorial politique français de notre ami Richard Werly. Il va de soi que tout va maintenant dépendre la décision des juges le 7 juillet. Votre phrase résume justement la situation: « Pour le moment, Jordan Bardella semble prendre la lumière »… Continuez de nous lire !

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