
Alors que la Russie poursuit son rapprochement avec l’Asie dans un contexte de tensions durables avec les Occidentaux, la Thaïlande entend profiter du sommet ASEAN-Russie de Kazan pour développer ses échanges commerciaux, attirer des investissements et renforcer sa sécurité énergétique.
Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul est arrivé à Kazan, en Russie, pour participer au sommet commémoratif ASEAN-Russie, organisé du 16 au 19 juin. Cette rencontre marque le 35e anniversaire des relations entre Moscou et l’organisation régionale.
Au-delà du symbole diplomatique, Bangkok veut utiliser cette plateforme pour promouvoir ses intérêts économiques et consolider sa politique de diversification des partenariats internationaux.
Moscou regarde vers l’Asie
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022 et le durcissement des sanctions occidentales, la Russie cherche à renforcer ses liens avec les pays asiatiques. L’ASEAN occupe une place importante dans cette stratégie, à la fois comme marché, partenaire politique et relais économique.
Pour les pays d’Asie du Sud-Est, cette relation avec Moscou s’inscrit dans une diplomatie d’équilibre. La Thaïlande, en particulier, cherche à maintenir des relations ouvertes avec les grandes puissances sans s’aligner entièrement sur l’une d’entre elles.
Commerce, énergie et investissements
Le sommet de Kazan doit aborder plusieurs dossiers stratégiques : commerce, investissements, énergie, technologies et sécurité alimentaire. Bangkok souhaite ouvrir de nouveaux débouchés pour ses entreprises, renforcer les échanges avec l’espace eurasiatique et explorer de nouvelles coopérations dans les secteurs de l’énergie et des technologies.
La sécurité énergétique figure parmi les priorités de la délégation thaïlandaise, alors que les marchés mondiaux restent marqués par la volatilité des prix et les incertitudes géopolitiques.
Une rencontre attendue avec Vladimir Poutine
Anutin Charnvirakul doit également participer au Forum économique ASEAN-Russie avant de prendre part au sommet des dirigeants. En marge de cette rencontre, le Premier ministre thaïlandais doit s’entretenir avec le président russe Vladimir Poutine. Les discussions devraient porter sur le commerce, les investissements, l’énergie et les nouvelles technologies.
Pour Bangkok, cet échange représente une occasion de renforcer le dialogue économique avec Moscou tout en affichant sa volonté de préserver une marge de manœuvre diplomatique dans un environnement international de plus en plus fragmenté.
Une diplomatie d’équilibre
La Thaïlande entretient depuis longtemps une relation pragmatique avec la Russie, notamment dans les domaines du tourisme, de l’énergie et des échanges commerciaux. Les visiteurs russes constituent aussi une clientèle importante pour l’industrie touristique thaïlandaise.
Mais ce rapprochement intervient dans un contexte sensible pour les partenaires occidentaux de Bangkok. La guerre en Ukraine continue de peser sur les relations entre Moscou et les capitales européennes et américaines.
Pour la Thaïlande, l’enjeu dépasse donc le seul cadre des relations avec la Russie. Dans un monde marqué par les rivalités entre grandes puissances, Bangkok cherche à multiplier ses partenaires économiques tout en préservant sa traditionnelle politique d’équilibre diplomatique. Le sommet de Kazan constitue une nouvelle illustration de cette stratégie.
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