
La Banque de Thaïlande a décidé de maintenir son taux directeur à 1 %. Si les perspectives de croissance s’améliorent, la reprise reste très inégale : les exportations et les grandes entreprises tirent l’économie, tandis que les PME, les ménages et le crédit demeurent fragiles.
La Banque de Thaïlande ne change pas de cap. Son Comité de politique monétaire a voté à l’unanimité pour maintenir le taux directeur à 1 %, un niveau jugé adapté à la situation actuelle.
Ce choix confirme que la période de baisse des taux semble désormais terminée. Mais il ne signifie pas pour autant que l’économie thaïlandaise est pleinement rétablie.
Une croissance meilleure que prévu
La Banque centrale a relevé sa prévision de croissance pour 2026 à 2,3 %, contre 1,5 % auparavant. Cette amélioration s’explique notamment par la bonne tenue des exportations, le retour de l’investissement privé et les mesures de soutien du gouvernement.
La Thaïlande profite aussi de la forte demande mondiale liée à l’intelligence artificielle. Le développement des centres de données, des semi-conducteurs et des équipements électroniques soutient plusieurs secteurs industriels thaïlandais exportateurs. L’impact économique des tensions au Moyen-Orient s’est également révélé moins important que prévu.
Une reprise qui ne profite pas à tous
Derrière ces meilleurs chiffres, la reprise reste toutefois concentrée sur quelques secteurs. Les grandes entreprises exportatrices et les groupes capables d’investir bénéficient pleinement du redémarrage de l’activité. Les petites et moyennes entreprises, elles, restent sous pression.
Beaucoup de PME font face à une concurrence intense, à une demande intérieure encore hésitante et à un accès au crédit plus difficile. La consommation des ménages demeure également freinée par la progression modérée des revenus et par un niveau d’endettement encore élevé.
Pourquoi cette décision compte
Pour les entreprises et les emprunteurs, le maintien du taux directeur à 1 % signifie que le coût du crédit devrait rester relativement bas à court terme. Cela peut soutenir l’investissement et éviter d’alourdir davantage la charge financière des ménages et des entreprises déjà fragiles.
Mais la Banque centrale ne souhaite pas non plus réduire davantage ses taux. L’inflation pourrait accélérer temporairement au second semestre, notamment en raison de la hausse des prix de l’énergie.
Une inflation jugée temporaire
La Banque de Thaïlande prévoit une inflation moyenne de 2,8 % en 2026, avant un repli à 1,4 % en 2027. Cette hausse des prix ne traduit pas une surchauffe de l’économie. Elle provient surtout de facteurs extérieurs, notamment l’énergie et les coûts d’importation.
C’est pourquoi la Banque centrale préfère attendre plutôt que d’agir trop vite. Un relèvement des taux risquerait de freiner une reprise encore fragile, tandis qu’une nouvelle baisse pourrait accentuer les pressions sur la monnaie.
Le baht sous surveillance
Le principal risque concerne désormais le baht. Si d’autres grandes économies maintiennent des taux plus élevés que la Thaïlande, la devise thaïlandaise pourrait rester sous pression face au dollar.
Un baht plus faible peut soutenir les exportations, mais il rend aussi plus coûteuses les importations, en particulier l’énergie. Cela pourrait alimenter l’inflation si la dépréciation se prolonge.
Une pause qui pourrait durer
Pour plusieurs économistes, le taux directeur pourrait rester inchangé pendant encore de nombreux mois, voire jusqu’en 2027. La Banque de Thaïlande semble vouloir accompagner la reprise sans prendre le risque de fragiliser davantage les PME, les ménages et le marché du crédit.
Son message est donc clair : l’économie thaïlandaise va mieux, mais cette amélioration reste incomplète. Derrière la progression des exportations et de l’investissement, la reprise reste trop inégale pour justifier un changement de cap monétaire.
Gaston Baht
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