
Après avoir autorisé un emprunt destiné à faire face à la crise énergétique, la Thaïlande précise désormais comment elle entend utiliser ces fonds. Les investissements devront accélérer le développement des énergies renouvelables, favoriser les véhicules électriques et préparer la main-d’œuvre aux métiers de la transition énergétique.
Le gouvernement thaïlandais poursuit la mise en œuvre de son plan de transition énergétique. Réuni sous la présidence du secrétaire permanent du ministère des Finances, le comité chargé de superviser l’utilisation des fonds issus du décret d’urgence sur la crise énergétique a fixé les critères qui guideront la sélection des prochains projets financés.
Adopté cette année, ce programme exceptionnel d’emprunt vise à atténuer les conséquences de la hausse des prix de l’énergie tout en préparant le royaume à une réduction progressive de sa dépendance aux énergies fossiles. Les autorités souhaitent privilégier des investissements capables de produire des effets rapides tout en renforçant la compétitivité du pays à long terme.
Développer les énergies propres
La première priorité concerne la production et la consommation d’énergie. Le gouvernement entend soutenir les projets permettant de réduire immédiatement la consommation de combustibles fossiles, d’améliorer l’efficacité énergétique et d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique thaïlandais.
Les financements pourront notamment concerner l’installation de panneaux solaires destinés à l’autoconsommation, le développement de réseaux électriques intelligents capables d’optimiser la distribution de l’électricité, ainsi que la modernisation des infrastructures pour accueillir une production croissante d’énergie renouvelable.
Les autorités souhaitent également encourager les projets capables de mesurer précisément les réductions d’émissions de gaz à effet de serre et, le cas échéant, de générer des crédits carbone.
Accélérer la mobilité électrique
La deuxième priorité porte sur les transports. Le gouvernement prévoit de soutenir le remplacement progressif des véhicules équipés de moteurs thermiques par des véhicules électriques ou utilisant d’autres énergies propres. Les investissements pourront également financer le déploiement de bornes de recharge, de stations d’échange de batteries et de technologies destinées à mieux gérer les besoins en électricité.
Cette stratégie s’inscrit dans l’ambition de Bangkok de faire de la Thaïlande l’un des principaux pôles de production de véhicules électriques en Asie du Sud-Est, un secteur qui attire déjà d’importants investissements, notamment de constructeurs chinois.
Former les travailleurs aux métiers de demain
Le plan gouvernemental prévoit également un important volet consacré au développement des compétences.
Des programmes de formation, de perfectionnement et de reconversion professionnelle seront soutenus afin de préparer les salariés, les entrepreneurs et les demandeurs d’emploi aux nouveaux métiers liés aux énergies renouvelables, aux réseaux intelligents et à la mobilité électrique.
Pour les autorités, cette évolution est indispensable afin d’accompagner la transformation de l’industrie thaïlandaise et de répondre aux besoins croissants des entreprises engagées dans la transition énergétique.
Une stratégie de long terme
Afin de garantir une utilisation transparente et efficace des fonds, le ministère des Finances a mis en place un comité d’experts chargé d’évaluer les projets proposés par les différentes administrations. Les investissements seront sélectionnés en fonction de leur utilité, de leur niveau de préparation, de leur rentabilité et de leur impact concret sur la transition énergétique.
Au-delà de la réponse à la crise actuelle, Bangkok entend faire de cet emprunt un véritable levier de modernisation. En investissant dans les énergies renouvelables, les véhicules électriques et les compétences de demain, la Thaïlande cherche à réduire sa facture énergétique, à renforcer sa compétitivité industrielle et à respecter ses engagements climatiques.
Cette stratégie rapproche le royaume des autres grandes économies d’Asie du Sud-Est, telles que Singapour, la Malaisie ou le Vietnam, qui accélèrent elles aussi leurs investissements dans les énergies propres et les infrastructures destinées à accompagner la transition énergétique.
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