
Ceux qui passent leur temps à se lamenter sur la France et ses difficultés devraient regarder davantage vers l’Asie du Sud-Est. La nouvelle feuille de route conclue entre la République française et le royaume de Thaïlande, à l’issue de la visite d’État de S.M. le roi Rama X, prouve qu’en diplomatie, le « Made in France » continue de peser.
Bien sûr, c’est vers l’Europe et son marché convoité que se tournent les gouvernements et les investisseurs asiatiques. Mais ils attendent aussi du pays de Napoléon, de Voltaire et du général de Gaulle une parole forte. Une parole dissonante, susceptible de leur offrir un répit et une alternative face aux États-Unis et à la Chine.
Oui, la France est un partenaire stratégique convoité. Et elle l’est pour ce qu’elle représente : une histoire, une tradition, une puissance, certes amoindrie par ses difficultés budgétaires, mais toujours capable de peser dans les grandes crises internationales, comme on vient de le voir dans le golfe Persique.
Pragmatiques, les Thaïlandais et leurs voisins asiatiques misent donc sur ces liens, sans toutefois se faire d’illusions quant à la capacité de la France à les secourir ou à les défendre si nécessaire.
Un comportement qui, il faut le reconnaître, vaut aussi à Paris, où les pays de l’ASEAN sont avant tout perçus comme des relais de croissance, des points d’appui et des têtes de pont culturelles, plutôt que comme des partenaires décisifs.
Chacun, en fait, voit dans l’autre une opportunité. Tant mieux ! Car tant que ces opportunités existent, les peuples peuvent échanger et les économies prospérer.
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