
Quatre jours après l’incendie du Rong Beer Na Ladprao, qui a fait 33 morts, Bangkok ne se contente plus de compter les victimes. La capitale thaïlandaise a engagé une campagne d’inspection de ses établissements de divertissement afin de vérifier le respect des règles de sécurité, des licences d’exploitation et des normes sanitaires. Trois établissements ont déjà été fermés.
Cette réaction marque un changement de rythme des autorités, qui veulent éviter qu’un drame similaire ne se reproduise.
Un bilan qui continue de s’alourdir
Selon le bureau du district de Chatuchak, un patient grièvement blessé a succombé à ses blessures jeudi, portant le bilan à 33 morts. Toutes les victimes ont désormais été identifiées.
Le nombre de blessés est passé de 73 à 71. Quatorze personnes demeurent dans un état critique, treize présentent des blessures de gravité moyenne et quarante-quatre, plus légèrement atteintes, ont pu quitter l’hôpital.
Les premières autopsies confirment que l’inhalation de fumées est la principale cause des décès.
Bangkok renforce les contrôles
À la demande du gouverneur Chadchart Sittipunt, les services municipaux et la police inspectent désormais les établissements de divertissement dans les 50 districts de la capitale.
Les inspecteurs ne recherchent pas seulement d’éventuelles défaillances en matière de sécurité incendie. Ils contrôlent également les licences d’exploitation, les autorisations sanitaires, les issues de secours, les dispositifs d’évacuation et le respect des normes de construction.
Les autorités ferment immédiatement les établissements qui présentent un risque pour le public ou qui exercent une activité illégale, jusqu’à leur mise en conformité.
Les inspecteurs ont déjà fermé trois établissements. À Pathum Wan, ils ont ordonné la fermeture d’un pub exploité sans licence, dont les sorties de secours étaient insuffisamment signalées ou obstruées. À Bangkok Noi, ils ont suspendu un établissement qui proposait de la musique en direct et du karaoké sans les autorisations requises. Enfin, à Ratchathewi, ils ont mis fin aux activités d’une salle de spectacle qui continuait d’accueillir des représentations malgré plusieurs avertissements des autorités.
Ces premières fermetures montrent que la campagne ne se limite pas à la prévention des incendies. Elle vise plus largement à faire respecter l’ensemble des règles encadrant les établissements recevant du public.
Une enquête se poursuit
Parallèlement, la police poursuit son enquête sur les causes de l’incendie. Les enquêteurs ont déjà interrogé plus de 52 témoins et analysent les images enregistrées par 16 caméras de vidéosurveillance.
Les premiers constats des services d’incendie de Bangkok privilégient la piste d’un court-circuit sur une unité de climatisation installée au-dessus du plafond. Les enquêteurs devront toutefois confirmer cette hypothèse avant de rendre leurs conclusions définitives.
Les investigations devront également déterminer si le Rong Beer Na Ladprao, officiellement enregistré comme un restaurant mais accueillant également des concerts et des animations musicales, exerçait son activité dans le respect des autorisations dont il disposait.
Un test pour les autorités
La municipalité rappelle que les exploitants qui ne respectent pas un ordre de fermeture encourent jusqu’à six mois d’emprisonnement, une amende pouvant atteindre 50 000 bahts, ainsi que des pénalités supplémentaires pouvant aller jusqu’à 25 000 bahts par jour.
Cette fois, Bangkok entend maintenir des inspections régulières dans toute la capitale. Les autorités veulent faire de cette campagne le point de départ d’une politique durable de prévention. Elles devront désormais prouver qu’elles peuvent maintenir ces contrôles dans le temps, au-delà de l’émotion provoquée par la catastrophe.
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