
Quatre mois après les faits, sur lesquels Gavroche était revenu en avril, la justice singapourienne a rendu son verdict. Un étudiant français de 19 ans a été condamné à une amende de 600 dollars singapouriens (environ 390 euros) pour avoir publié sur Instagram une vidéo dans laquelle il léchait une paille avant de la replacer dans un distributeur automatique de jus d’orange.
L’affaire, qui avait rapidement fait le tour des réseaux sociaux, illustre une nouvelle fois la rigueur avec laquelle Singapour traite les comportements jugés contraires à l’ordre public, y compris lorsqu’ils sont présentés comme de simples plaisanteries.
Une vidéo qui avait provoqué un vif émoi
Le 12 mars dernier, un étudiant français participait à un cours de boxe dans un centre sportif de Thomson Road. À la sortie, il s’est rendu devant un distributeur automatique de jus d’orange frais de la société iJooz.
Selon les faits retenus par le tribunal, il a retiré une paille du distributeur, en a léché une partie tout en se filmant, avant de la remettre dans le distributeur pour les besoins de sa vidéo Instagram. Quelques instants plus tard, il a récupéré cette même paille pour consommer sa boisson avant de quitter les lieux.
Diffusée sur Instagram, la vidéo a ensuite été reprise par d’autres internautes et largement relayée sur les réseaux sociaux, suscitant de nombreuses réactions.
Face à cette situation, l’entreprise exploitant les distributeurs a remplacé l’ensemble des 500 pailles contenues dans la machine concernée avant de déposer plainte auprès de la police.
Une amende plutôt qu’une mise à l’épreuve
Poursuivi pour nuisance publique, le jeune Français a plaidé coupable. Le procureur a estimé qu’une amende constituait la sanction la plus appropriée. Il a notamment souligné que l’étudiant devait poursuivre ses études en France entre septembre et décembre, ce qui rendait difficile la mise en œuvre d’une mesure de probation.
La juge Kelly Ho a suivi cette analyse et condamné l’étudiant à une amende de 600 dollars singapouriens (environ 390 euros).
Son avocat a rappelé que la paille contaminée n’avait finalement été utilisée par aucun autre client, puisque son client l’avait lui-même récupérée après l’enregistrement de la vidéo. Il a également expliqué que la diffusion virale résultait d’une capture d’écran réalisée par l’un de ses abonnés avant d’être reprise par plusieurs médias.
Selon la défense, le jeune homme a exprimé de profonds regrets et reconnaît aujourd’hui que ce qu’il considérait comme une plaisanterie a eu des conséquences bien plus importantes qu’il ne l’avait imaginé.
Un permis de séjour toujours en examen
Si la procédure pénale est désormais terminée, l’affaire pourrait encore avoir des conséquences administratives. Les autorités singapouriennes de l’immigration (Immigration & Checkpoints Authority, ICA) ont confirmé que le permis de séjour étudiant du jeune Français faisait toujours l’objet d’un examen.
L’administration rappelle que les ressortissants étrangers condamnés ou impliqués dans des comportements jugés indésirables peuvent voir leur titre de séjour suspendu, annulé ou révoqué, selon les circonstances.
Une illustration de la fermeté singapourienne
Cette décision illustre l’importance accordée à Singapour au respect de l’ordre public et des règles d’hygiène dans les espaces partagés. Le tribunal n’a pas retenu l’existence d’un risque sanitaire avéré — la paille concernée n’ayant finalement été utilisée par personne d’autre — mais a estimé que le comportement de l’étudiant, amplifié par la diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux, constituait une nuisance publique ayant entraîné des conséquences concrètes pour l’exploitant du distributeur.
À Singapour, ce délit est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois mois d’emprisonnement, d’une amende maximale de 2 000 dollars singapouriens (environ 1 300 euros), ou des deux.
Rejoignez les plus de 13 000 lecteurs qui reçoivent chaque semaine Gavroche Hebdo. Pour ne rien manquer de l’actualité de la Thaïlande et de l’Asie du Sud-Est, inscrivez-vous en cliquant ici








