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VIETNAM – DIPLOMATIE : Entre les grandes puissances, Paris et Hanoï revendiquent leur autonomie

Date de publication : 11/09/2026
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To Lam et Emmanuel Macron à Paris septembre 2026

 

La visite de Tô Lâm à Paris confirme le rapprochement politique entre la France et le Vietnam. Au-delà des accords économiques, Emmanuel Macron et le dirigeant vietnamien mettent en avant une même volonté d’autonomie stratégique, dans une région où s’entrecroisent les rivalités chinoises, américaines et russes.

 

« Nous ne voulons être les vassaux de qui que ce soit. » En recevant Tô Lâm à Paris, Emmanuel Macron a résumé en une formule particulièrement directe la dimension géopolitique que la France souhaite donner à son rapprochement avec le Vietnam.

 

Le président français a défendu la volonté des deux pays de « rester des nations indépendantes » et de préserver leur « autonomie stratégique ». La France, a-t-il ajouté, veut être pour le Vietnam un partenaire « de confiance, prévisible, stable, loyal ».

 

Cette convergence intervient deux ans après l’élévation des relations franco-vietnamiennes au rang de partenariat stratégique global, en octobre 2024, et après la visite d’État d’Emmanuel Macron à Hanoï en mai 2025. Le chef de l’État français souligne d’ailleurs le caractère inédit du rythme pris par les échanges entre les deux pays.

 

Une diplomatie vietnamienne d’équilibre

 

Pour comprendre l’intérêt de cette relation pour Hanoï, il faut la replacer dans la diplomatie vietnamienne. Le Vietnam entretient des partenariats avec des puissances aux intérêts parfois antagonistes et cherche à préserver sa liberté de décision plutôt qu’à s’inscrire dans une logique d’alliance exclusive.

 

La séquence diplomatique de Tô Lâm est à cet égard révélatrice. Son déplacement en France intervient après une visite d’État en Russie. Plus qu’un changement de camp, cette succession illustre la capacité de Hanoï à maintenir un dialogue étroit avec Moscou tout en approfondissant simultanément ses relations avec la France et l’Union européenne.

 

Les déclarations vietnamiennes accompagnant la visite sont d’ailleurs plus prudentes que celles d’Emmanuel Macron. Hanoï met l’accent sur l’autonomie stratégique, le multilatéralisme, le règlement pacifique des différends, la Charte des Nations unies et le respect du droit international.

 

Paris et Hanoï se retrouvent ainsi sur une même idée, exprimée dans des registres différents : conserver une capacité d’action indépendante dans un environnement international de plus en plus polarisé.

 

L’Indopacifique au cœur du rapprochement

 

Cette convergence prend une dimension particulière en Asie. La France est une puissance présente dans l’Indopacifique et cherche à y consolider ses partenariats. Le Vietnam occupe une position stratégique en mer de Chine méridionale, au cœur d’une région directement concernée par la rivalité entre Pékin et Washington.

 

La sécurité maritime devient ainsi l’un des axes du partenariat franco-vietnamien. Emmanuel Macron a rappelé les récentes escales de la Marine nationale dans les ports vietnamiens et la volonté commune de défendre la liberté de navigation. La France et le Vietnam veulent également faire de la défense « un pilier » de leur partenariat.

 

Les discussions franco-vietnamiennes ont également réaffirmé l’importance du règlement pacifique des différends en mer de Chine méridionale conformément au droit international et à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

 

Pour Paris, le dialogue avec Hanoï s’inscrit aussi dans une ambition plus large : renforcer les relations entre l’Union européenne et l’ASEAN et sécuriser les chaînes de production entre l’Europe et l’Asie. Emmanuel Macron y voit un moyen de défendre les indépendances nationales face aux « velléités impérialistes ou hégémoniques ».

 

La Thaïlande et la Birmanie dans les discussions

 

Le discours prononcé à Paris comporte enfin un passage qui concerne directement l’Asie du Sud-Est. Emmanuel Macron cite la montée des tensions en mer de Chine méridionale, « la guerre civile birmane » et le conflit frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande parmi les menaces régionales qui appellent à la vigilance. Il indique que Paris et Hanoï doivent examiner les moyens d’agir conjointement face à ces crises, notamment dans le cadre de leur dialogue avec l’ASEAN et ses États membres.

 

Cette mention montre que le rapprochement franco-vietnamien dépasse désormais largement la relation bilatérale. Paris voit aussi dans Hanoï un interlocuteur pour aborder les équilibres politiques et sécuritaires de l’ensemble de l’Asie du Sud-Est.

 

Pour Emmanuel Macron, cette convergence pourrait participer à ce qu’il appelle une « coalition des indépendants » entre l’Europe et l’Asie. Une formule française que Hanoï n’a pas reprise, mais qui rejoint un principe central de sa diplomatie : multiplier les partenariats sans renoncer à sa liberté de décision.

 

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