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THAÏLANDE – CHRONIQUE : Trois jours pour célébrer l’âme du Royaume

Journaliste : Patrick Chesneau Date de publication : 03/08/2026
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Quand un éveil personnel rencontre l’identité thaïlandaise, une chronique siamoise et sociétale de Patrick Chesneau.

 

ชาติ ศาสนา พระมหากษัตริย์
Chat, Satsana, Phra Mahakasat
Nation, Religion, Monarchie

 

Ce matin, j’ouvre les yeux. Je m’entends respirer. Trois battements de paupières et j’écarquille les yeux. Ou plutôt, mes prunelles se dilatent tant la volupté s’invite. Une pulsation agrège tous les morceaux de mon puzzle atavique. Simultanément, une joie fulgurante m’irradie.

 

Dans l’ellipse d’une nanoseconde, je prends conscience d’une réalité brute, chimiquement pure. Je suis en Thaïlande. Cette évidence annihile toute amorce de doute existentiel. J’existe, jusque dans mes cellules.

 

Farang des latitudes tropicales. C’est bien au-delà de l’intuition qui, cette nuit, habitait mon rêve échevelé. Je suis au pays du vrai sourire, des 40 000 temples rutilants, des éléphants barrissant et du somtam incendiaire sur un palais insuffisamment ignifugé.

 

Bangkok, ma cité des anges

 

Des sons et des clameurs confirment instantanément que mon univers est désormais siamois. Par la fenêtre, soudain inondée de lumière, je comprends que le soleil honore sa promesse de m’éclairer, lui aussi. Le décor extérieur me rassérène.

 

Les formes, les perspectives et les couleurs sont celles de l’Orient mystérieux, mais pourtant si familier. J’acquiers une foi imprescriptible dans les vingt-quatre heures à venir. Comme un pacte de vie renouvelé.

 

Dans ce coin d’Asie, la possibilité du bonheur terrestre me saisit corps et âme. Autour de moi, je sens une présence, bienveillante, qui m’entoure d’une sensualité nulle part ailleurs éprouvée. Une force me galvanise.

 

C’est la Cité des Anges. Elle convoque mes émotions les plus intimes. Je me rends à l’évidence. Bangkok est vraiment ma ville fabuleuse. Mon alacrité n’est pas feinte. La circonstance s’allie à la permanence.

 

Trois jours au cœur de la foi thaïlandaise

 

Ce jeudi 30 juillet, c’était Khao Pansa. Premier jour du carême bouddhique, appelé à durer trois mois. Avec Asanha Bucha, il s’agit de l’une des fêtes les plus sacrées du bouddhisme theravāda au Royaume de Thaïlande.

 

Le 30 juillet a eu lieu la retraite des moines. Ils se retirent dans leurs monastères pour approfondir les enseignements du Bouddha, prier et méditer.

 

Dans toutes les provinces, les fidèles ทำบุญ (tam boon, prononcer « tame boune ») accomplissent des mérites et multiplient les offrandes aux bonzes vêtus de leur robe safran.

 

Parallèlement, commencent les célèbres festivals des bougies, impressionnants défilés de sculptures monumentales en cire. Le plus réputé est celui d’Ubon Ratchathani, en Isan, à l’extrémité orientale du Triangle d’Émeraude, aux confins du Laos, de l’autre côté du Mékong.

 

Dans le prolongement de l’anniversaire du roi Rama X, célébré le 28 juillet, ces journées de foi, de dévotion et de lumière, fériées et marquées par l’interdiction de la vente d’alcool, rappellent qu’en Thaïlande, il existe bel et bien un chemin vers la félicité.

 

Patrick Chesneau

 

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