
Les États-Unis et le Vietnam ont lancé à Hanoï un programme de cinq jours consacré à la lutte contre le transbordement frauduleux et la dissimulation de l’origine des marchandises. Cette coopération intervient alors que Washington renforce ses contrôles sur les exportations vietnamiennes et soupçonne le pays de servir de relais à certains produits chinois.
Les administrations douanières américaine et vietnamienne ont ouvert cette semaine à Hanoï un atelier destiné à améliorer la détection des fraudes commerciales. Organisé par l’Agence américaine des douanes et de la protection des frontières, le CBP, et les douanes vietnamiennes, ce programme réunit pendant cinq jours des responsables des deux pays.
Les échanges portent sur les méthodes d’enquête, la vérification de l’origine des produits et le partage d’informations entre administrations.
Des produits chinois réexportés sous une autre origine
Les travaux concernent notamment le transbordement frauduleux. Cette pratique consiste à faire passer des marchandises par un pays tiers, parfois après une transformation limitée ou un simple réétiquetage, afin de masquer leur origine réelle et de contourner des droits de douane. Les autorités américaines soupçonnent régulièrement certaines entreprises d’utiliser le Vietnam comme plateforme de réexportation de produits chinois vers les États-Unis.
Selon l’ambassade américaine à Hanoï, l’atelier doit aider les autorités vietnamiennes à mieux repérer les faux certificats d’origine, les modifications d’étiquetage et les chaînes commerciales destinées à dissimuler la provenance des marchandises.
« La fraude commerciale n’est pas un crime sans victime. Elle menace les emplois américains et vietnamiens, pénalise les entreprises honnêtes et compromet notre sécurité économique et nationale », a déclaré l’ambassadrice des États-Unis au Vietnam, Jennifer Wicks.
Washington accentue la pression commerciale
Les experts du CBP présentent aux responsables vietnamiens les méthodes américaines de contrôle des échanges et de vérification de l’origine des produits. Cette coopération associe également le ministère vietnamien de l’Industrie et du Commerce. Elle doit permettre à Hanoï de renforcer ses contrôles tout en répondant aux préoccupations exprimées par Washington.
L’initiative intervient dans un contexte commercial tendu entre les deux pays.
Une nouvelle taxe de 12,5 %
Les États-Unis ont récemment imposé une taxe douanière de 12,5 % sur les importations vietnamiennes dans le cadre d’une enquête fondée sur la section 301 de la législation commerciale américaine. Ce dispositif autorise Washington à prendre des mesures contre des pratiques commerciales jugées injustes ou préjudiciables aux intérêts américains.
Les autorités américaines estiment que le Vietnam n’a pas suffisamment empêché l’importation ou la transformation de produits issus du travail forcé. Hanoï rejette cette accusation. Le pays fait également l’objet d’enquêtes américaines portant sur d’éventuelles surcapacités industrielles et des atteintes aux droits de propriété intellectuelle.
Pour le Vietnam, le renforcement de la coopération douanière constitue donc un moyen de rassurer Washington et de réduire le risque de nouvelles mesures commerciales
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