
Plus de 20 000 civils cambodgiens demeurent déplacés le long de la frontière avec la Thaïlande après les deux épisodes d’affrontements survenus l’an dernier entre les deux voisins d’Asie du Sud-Est. C’est ce qu’a déclaré, vendredi 31 juillet, Tom Andrews, rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, à l’issue d’une visite dans les zones frontalières contestées.
Lors d’une conférence de presse à Phnom Penh, l’expert onusien a précisé que, parmi les quelque 650 000 civils cambodgiens déplacés dans les régions frontalières à la fin de l’année dernière, plus de 20 000 ne sont toujours pas en mesure de regagner leur domicile. Selon lui, certaines villes et certains villages restent occupés par des troupes thaïlandaises.
« Le droit international garantit aux personnes déplacées par un conflit armé le droit de retourner chez elles », a-t-il rappelé, appelant la Thaïlande et le Cambodge à coopérer afin d’accélérer le retour des populations concernées.
La Thaïlande a déjà rejeté les accusations d’occupation illégale du territoire cambodgien, affirmant agir conformément à un accord bilatéral de cessez-le-feu. Les postes-frontières entre les deux pays demeurent toutefois fermés.
Des conséquences économiques persistantes
Selon Tom Andrews, la fermeture des points de passage frontaliers affecte lourdement l’économie cambodgienne ainsi que les communautés vivant de part et d’autre de la frontière, dont les revenus dépendent largement du commerce de produits agricoles et d’autres marchandises.
Le rapporteur spécial a également évoqué la crise des escroqueries en ligne, qu’il considère comme l’un des principaux défis en matière de droits humains auxquels le Cambodge est confronté. La multiplication des réseaux criminels transnationaux spécialisés dans la cybercriminalité continue, selon lui, de peser sur l’économie du pays.
Les autorités cambodgiennes ont fermé plus de 600 sites liés à ces activités, retiré ou suspendu les licences de 29 casinos, tandis qu’environ 3 000 personnes impliquées dans ces réseaux font l’objet de poursuites judiciaires.
Tom Andrews estime néanmoins que le gouvernement n’a pas encore engagé d’actions contre certains hauts responsables cambodgiens et d’autres personnalités influentes dont les liens avec les réseaux d’escroqueries en ligne sont jugés crédibles.
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