
Deux membres du Corps des volontaires de défense territoriale thaïlandais ont été tués et seize autres blessés le 18 septembre dans une attaque à l’explosif suivie de tirs à Sukhirin, dans la province de Narathiwat. L’attaque s’est produite dans l’extrême Sud de la Thaïlande, région frontalière de la Malaisie confrontée depuis plus de vingt ans à une insurrection séparatiste.
L’attaque s’est produite vers 15h10 à Ban Baru Kayao-ing, dans le sous-district de Rom Sai. Un engin explosif a visé un camion à six roues transportant des membres du Corps des volontaires de défense territoriale (Or Sor) du district de Sukhirin. Des assaillants ont ensuite ouvert le feu sur le véhicule.
Les forces de sécurité ont rapidement bouclé le secteur pour secourir les volontaires pris au piège dans le camion, sécuriser les lieux et recueillir les premiers éléments nécessaires à l’enquête.
Le bilan communiqué par les autorités fait état de deux morts et seize blessés.
Les deux hommes tués, Nattanan Kaewsupho et Irin Kaewrawang, appartenaient à la 13e compagnie du Corps des volontaires de défense territoriale de Sukhirin.
Les Or Sor, placés sous l’autorité du ministère de l’Intérieur, ne sont ni des militaires de l’armée régulière ni des policiers. Ils participent notamment aux missions de sécurité locale et épaulent les forces de sécurité, particulièrement présentes dans les provinces de l’extrême Sud.
Dix blessés hospitalisés à Su-ngai Kolok
Dix des seize blessés étaient toujours hospitalisés le 19 septembre à Su-ngai Kolok, près de la frontière malaisienne. Certains souffrent notamment de blessures à la tête et au cou. Selon les autorités provinciales, tous étaient conscients et restaient sous étroite surveillance médicale.
Le vice-ministre de l’Intérieur Worasit Liangprasit s’est rendu à leur chevet le lendemain de l’attaque. Il leur a remis une aide financière et a qualifié les faits d’« inacceptables ». Il a demandé aux services de sécurité d’accélérer l’enquête afin d’identifier et d’arrêter les auteurs.
La province de Narathiwat et le Centre administratif des provinces frontalières du Sud (SBPAC) verseront 500 000 bahts à chacune des familles des deux volontaires tués, soit un million de bahts au total.
Une insurrection vieille de plus de vingt ans
Narathiwat appartient, avec Pattani et Yala, aux provinces de l’extrême Sud où se concentre une insurrection séparatiste qui a repris avec force en 2004. Majoritairement peuplée de Malais musulmans, cette région frontalière possède une histoire, une langue et une identité culturelle distinctes de celles de la majorité du royaume.
Depuis plus de deux décennies, des groupes insurgés y mènent des attaques visant notamment les forces de sécurité et les représentants de l’État, mais aussi des infrastructures et des civils.
À ce stade, les autorités n’ont pas publiquement attribué l’attaque du 18 septembre à une organisation particulière. L’enquête se poursuit pour identifier les assaillants et déterminer les circonstances précises de l’embuscade.
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