
Le dirigeant birman Min Aung Hlaing effectue une visite officielle de deux jours en Thaïlande, où il a été accueilli à la Maison du gouvernement par le Premier ministre Anutin Charnvirakul. Une visite critiquée par l’opposition thaïlandaise, des organisations de défense des droits de l’homme et des ressortissants birmans installés dans le royaume.
Amnesty International Thaïlande a appelé le gouvernement à placer les droits de l’homme au centre des discussions avec Min Aung Hlaing et à ne pas limiter cette visite aux échanges commerciaux et à la coopération économique.

L’opposition critique l’accueil réservé au dirigeant birman
Le Parti du peuple (People’s Party), principale formation d’opposition en Thaïlande, critique la réception officielle de Min Aung Hlaing et demande au gouvernement de reconsidérer à l’avenir sa participation à des événements d’État dans le royaume.
Lors d’une déclaration au Parlement le 6 août, le député de Bangkok Anusorn Thammajai a estimé que la Thaïlande ne devait pas permettre à Min Aung Hlaing d’utiliser ses relations avec Bangkok pour renforcer sa légitimité internationale. Il a également appelé le gouvernement et le Parlement à réaffirmer leur attachement aux droits de l’homme et au consensus en cinq points adopté par l’ASEAN pour tenter de trouver une issue à la crise birmane.
Le député propose la création d’un comité conjoint pour la paix et la démocratie en Birmanie, réunissant des représentants du Parlement et du gouvernement thaïlandais, de l’opposition birmane, des organisations ethniques et de la société civile. Cette instance serait notamment chargée de favoriser l’acheminement de l’aide humanitaire et le dialogue entre les différentes parties.
Anusorn Thammajai demande également au gouvernement de faire pression sur les autorités birmanes sur plusieurs dossiers qui concernent directement la Thaïlande, notamment les trafics de drogue, les centres d’escroquerie, la traite des êtres humains, les déplacements de population et les problèmes environnementaux transfrontaliers.
Il estime enfin que l’accueil réservé aux dirigeants militaires birmans pourrait affecter l’image internationale de la Thaïlande, notamment au moment où Bangkok souhaite rejoindre l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Des militants birmans manifestent à Bangkok
En marge de la visite, le groupe Bright Future a organisé le 6 août une manifestation devant le bureau des Nations unies à Bangkok. Le militant birman Weera Saengthong a conduit le rassemblement, au cours duquel des participants, dont certains vêtus de noir, ont dénoncé l’accueil accordé à Min Aung Hlaing par le gouvernement thaïlandais.
La mobilisation est restée limitée. Une personne opposée au rassemblement a interpellé les manifestants, avant que les personnes présentes ne l’écartent des lieux.
Dans une déclaration, Bright Future a demandé au gouvernement thaïlandais de mettre fin à sa coopération avec les autorités militaires birmanes. Le mouvement a également mis en avant la situation des travailleurs migrants birmans en Thaïlande, dénonçant notamment les procédures liées aux certificats d’identité et les prélèvements financiers imposés aux travailleurs.
Le groupe réclame notamment que les travailleurs birmans puissent obtenir un droit au séjour et au travail en Thaïlande sans devoir passer par les autorités birmanes pour obtenir un certificat d’identité.
Pour Bangkok, les relations avec son voisin birman revêtent une importance particulière. Les deux pays partagent une frontière de plus de 2 000 kilomètres et leurs relations sont étroitement liées aux échanges économiques, aux questions migratoires et sécuritaires ainsi qu’à la présence en Thaïlande d’une importante population originaire de Birmanie.
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