
Nous sommes les premiers à célébrer la Thaïlande et le bonheur de vivre qui y demeure solidement ancré, malgré les vicissitudes et les difficultés. Mais à Gavroche, nous savons aussi garder les yeux ouverts sur l’autre pays du sourire : celui qui fait froid dans le dos et que nos chroniqueurs, passionnés du Royaume, oublient souvent. C’est cette Thaïlande-là qui se révèle à travers la tuerie de l’école de Nonthaburi survenue vendredi 7 août. Une Thaïlande où l’on apprend qu’environ dix millions d’armes à feu circulent. Un pays où une partie de la jeunesse, parfois livrée à elle-même face aux réseaux sociaux, aux contenus violents et aux univers numériques, peut transformer le sourire thaï en torrent de larmes.
Oui, ouvrons les yeux, comme nous l’avons fait dans un précédent éditorial consacré à Pattaya et à sa mauvaise réputation. Cette fusillade meurtrière est la sixième tuerie de masse depuis 2020. Une tuerie par an ! Un massacre tous les douze mois ! Le Premier ministre, qui vient de promettre une loi sur les armes à feu, est aussi, rappelons-le, l’homme qui a libéralisé le commerce du cannabis, avec les conséquences que l’on sait. Oui, ce fait divers tragique dit ce qu’il faut corriger en Thaïlande. Le sourire ne peut pas faire tout oublier.
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