
La tuerie survenue vendredi 7 août à l’école Debsirin Nonthaburi s’ajoute à une série d’attaques armées qui ont profondément marqué la Thaïlande depuis 2020. De Korat à Nong Bua Lamphu, en passant par Siam Paragon, cinq fusillades majeures avaient déjà frappé le royaume en six ans. Gavroche revient sur ces drames suivis par notre rédaction et qui ont régulièrement relancé le débat sur la circulation et l’accès aux armes à feu.
Cette sélection ne recense pas l’ensemble des homicides commis avec une arme à feu en Thaïlande, mais six attaques particulièrement marquantes par leur bilan ou les lieux visés. Centres commerciaux, crèche, marché ou établissements scolaires : ces violences ont frappé des espaces de la vie quotidienne et suscité, à chaque fois, une forte émotion dans le pays.
1. Korat : le massacre de Terminal 21 en février 2020
Le 8 février 2020, un sergent-major de l’armée royale thaïlandaise, Jakrapanth Thomma, ouvre le feu dans sa base militaire de Suratham Phithak, à Nakhon Ratchasima, plus connue sous le nom de Korat, à environ 250 kilomètres au nord-est de Bangkok. Il tue notamment son commandant, sur fond de différend lié à une affaire immobilière.
Après s’être emparé d’armes, de munitions et d’un véhicule militaire, il gagne le centre commercial Terminal 21 Korat, où il tire sur des passants et des clients. Certains moments de l’attaque sont diffusés sur les réseaux sociaux. Gavroche avait suivi heure par heure cette nuit de terreur, qui s’est achevée le lendemain matin lorsque les forces spéciales ont abattu le tireur dans le centre commercial.
La tuerie fait 29 victimes, auxquelles s’ajoute l’auteur, et plus de 50 blessés. Le massacre provoque un choc considérable dans le pays et soulève notamment la question de la sécurisation des armes et des munitions dans les installations militaires.
2. Nong Bua Lamphu : 24 enfants parmi les victimes en octobre 2022
Le 6 octobre 2022, la Thaïlande connaît l’un des massacres les plus meurtriers de son histoire récente. Panya Khamrab, un ancien policier de 34 ans, attaque un centre d’accueil de jeunes enfants à Uthai Sawan, dans la province de Nong Bua Lamphu, dans le nord-est du pays.
Armé notamment d’un pistolet et d’un couteau, il s’en prend au personnel puis aux enfants présents dans l’établissement. L’ancien policier, qui avait été licencié, poursuit ensuite son parcours meurtrier avant de rentrer chez lui, où sa femme et son fils sont également tués. Il se suicide. Les premiers bilans publiés par Gavroche avaient eux-mêmes évolué dans les heures suivant le massacre.
Le bilan final s’élève à 38 morts, auteur compris, dont 24 enfants. La plus jeune victime avait deux ans. Une enseignante enceinte de huit mois figure également parmi les personnes tuées. Une dizaine de personnes sont blessées.
L’âge des victimes bouleverse profondément le pays. Dans les jours suivants, écoles, administrations et habitants rendent hommage aux victimes, tandis que le drame relance les débats sur le contrôle des armes, la drogue et la prévention des passages à l’acte.
3. Siam Paragon : un tireur de 14 ans au cœur de Bangkok en octobre 2023
Le 3 octobre 2023, un adolescent de 14 ans ouvre le feu dans Siam Paragon, l’un des centres commerciaux les plus connus et fréquentés du centre de Bangkok.
Le jeune tireur utilise un pistolet à blanc modifié pour tirer de véritables projectiles. L’attaque fait finalement trois morts et cinq blessés, après le décès, dix jours plus tard, d’une Thaïlandaise de 30 ans qui avait été grièvement touchée.
L’adolescent est interpellé à l’intérieur du centre commercial. L’affaire provoque une vive émotion, notamment en raison de son âge, et attire l’attention sur l’accès des mineurs aux armes ainsi que sur les pistolets à blanc susceptibles d’être transformés. Gavroche avait également suivi les développements judiciaires de l’affaire, notamment l’évaluation psychiatrique demandée avant d’éventuelles poursuites.
L’enquête met également en évidence les circuits permettant de se procurer armes et munitions, une question qui prend alors une place centrale dans le débat suscité par la fusillade.
4. Or Tor Kor : cinq personnes abattues en juillet 2025
Le 28 juillet 2025, un homme de 61 ans ouvre le feu au marché Or Tor Kor, dans le district de Chatuchak à Bangkok.
Il tue cinq personnes avant de se donner la mort. Le tireur, identifié comme Noi Praidaen et originaire de la province de Nakhon Ratchasima, est retrouvé mort sur un banc à l’intérieur du marché.
Le bilan total s’élève ainsi à six morts, auteur compris. Cette nouvelle attaque dans un espace public fréquenté intervient moins de deux ans après la fusillade de Siam Paragon.
5. Songkhla : une directrice tuée dans son école en février 2026
Le 11 février 2026, un jeune homme de 18 ans ouvre le feu dans l’école Phatong Prathan Khiriwat, dans le district de Hat Yai, dans la province méridionale de Songkhla.
La directrice de l’établissement, Sasiphat Sinsamosorn, est grièvement touchée et succombe à ses blessures. Sept autres personnes sont blessées. La police annonce le lendemain l’inculpation du jeune homme.
L’attaque ravive les inquiétudes concernant la sécurité des établissements scolaires. Les autorités antidrogue indiqueront par la suite que l’auteur présentait des antécédents psychiatriques et de toxicomanie
6. Debsirin Nonthaburi : un adolescent de 14 ans ouvre le feu en août 2026
Le 7 août 2026, la violence armée frappe une nouvelle fois un établissement scolaire. Un adolescent de 14 ans ouvre le feu à l’école Debsirin Nonthaburi, dans la province de Nonthaburi, au nord-ouest de Bangkok.
Selon les éléments communiqués par les autorités, l’adolescent aurait d’abord tué ses deux grands-parents au domicile familial avant de rejoindre son école. L’arme utilisée était légalement enregistrée au nom de son grand-père. À l’école, cinq membres du personnel, parmi lesquels des enseignants et des responsables de l’établissement, ont été tués. Plus de vingt personnes ont été blessées. Le jeune tireur s’est ensuite donné la mort.
Le bilan atteint donc au moins huit morts, auteur compris : les deux grands-parents, cinq membres du personnel de l’école et l’adolescent. Les informations publiées au cours de la journée ont toutefois fait état de bilans différents concernant les blessés ; les autorités poursuivent leur travail de consolidation.
Les enquêteurs cherchent désormais à comprendre les motivations de l’adolescent. À ce stade, aucun mobile définitif n’a été établi.
Six drames et une même question sur les armes
De Korat à Nonthaburi, ces six attaques ne suffisent pas, à elles seules, à démontrer une progression statistique des tueries de masse en Thaïlande. Leur répétition en un peu plus de six ans et la diversité des lieux touchés — centre commercial, crèche, marché ou école — ont toutefois installé durablement la violence armée dans le débat public.
Après chaque drame reviennent des interrogations similaires : circulation et accès aux armes à feu, contrôle de leur détention, sécurité des lieux publics et des établissements scolaires, mais aussi prévention des passages à l’acte.
Après chaque drame reviennent des interrogations similaires : circulation et accès aux armes à feu, contrôle de leur détention, sécurité des lieux publics et des établissements scolaires, mais aussi prévention des passages à l’acte.
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