
Après Phuket, Pattaya et Koh Samui, les autorités thaïlandaises poursuivent leur offensive contre les montages permettant à des étrangers de contrôler indirectement des terrains. À Hua Hin, 13 étrangers ont été arrêtés et 33 sociétés sont désormais dans le viseur des enquêteurs pour des biens fonciers estimés à quelque 300 millions de bahts.
Plus de 200 policiers et fonctionnaires ont perquisitionné 15 sites dans le cadre de la sixième phase d’une campagne nationale contre les réseaux de prête-noms.
Les enquêteurs ont notamment ciblé un complexe résidentiel de Thap Tai, près de Hua Hin, où les villas avec piscine se vendent entre 10 et 20 millions de bahts.
Les enquêteurs soupçonnent six sociétés d’avoir utilisé des actionnaires thaïlandais comme prête-noms pour le compte d’investisseurs étrangers.
Comment fonctionne le système des prête-noms ?
La législation thaïlandaise interdit, sauf exceptions très encadrées, aux ressortissants étrangers de posséder directement des terrains.
Certains investisseurs contournent cette restriction en créant des sociétés dont des Thaïlandais détiennent officiellement la majorité du capital, alors que le contrôle réel et le financement restent étrangers. Lorsque ces actionnaires thaïlandais ne sont que des prête-noms, le montage est illégal.
C’est précisément ce que les autorités cherchent à établir à Hua Hin. Les enquêteurs ont saisi des documents de sociétés et du matériel électronique afin de retracer les mouvements financiers et d’identifier les véritables bénéficiaires des propriétés.
45 étrangers visés par des mandats d’arrêt
La justice a délivré des mandats d’arrêt contre 45 étrangers et la police en a déjà interpellé 13. Les autorités ont également convoqué 39 ressortissants thaïlandais.
Les enquêteurs examinent par ailleurs 33 sociétés qui détiennent des terrains dont la valeur totale est estimée à environ 300 millions de bahts.
L’affaire dépasse largement Hua Hin. Au cours des cinq phases précédentes de cette campagne, les autorités ont enquêté sur 233 propriétés représentant quelque 2,54 milliards de bahts dans cinq provinces touristiques. Ces investigations ont conduit à 133 mandats d’arrêt et, à ce stade, à des condamnations dans 20 affaires.
Après plusieurs opérations dans les grandes destinations touristiques du royaume, notamment à Phuket, Pattaya et Koh Samui, le coup de filet de Hua Hin confirme l’ampleur nationale de la campagne contre les montages destinés à contourner les restrictions thaïlandaises sur la propriété foncière étrangère.
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