
Plus de 10 000 citoyens soutiennent une proposition de loi visant à dépénaliser le travail du sexe en Thaïlande et à ouvrir aux personnes concernées l’accès à la protection sociale des salariés. Bloqué depuis un mois, le texte attend désormais le feu vert du Premier ministre Anutin Charnvirakul avant de pouvoir être transmis au Parlement.
Des militants se sont rassemblés mardi devant le siège du gouvernement à Bangkok pour demander au Premier ministre Anutin Charnvirakul de débloquer une proposition de loi citoyenne sur le travail du sexe.
Soutenu par 10 293 signatures, le texte est à l’arrêt depuis le 10 juillet. Considéré comme ayant des implications financières, il nécessite l’aval du chef du gouvernement avant de pouvoir poursuivre son parcours parlementaire.
Sortir de la logique pénale
La Empower Foundation, qui défend les travailleurs du sexe en Thaïlande depuis plusieurs décennies, souhaite remplacer la logique des arrestations et des sanctions pénales par un cadre reposant davantage sur le droit du travail.
Le projet prévoit notamment l’accès au régime obligatoire de sécurité sociale prévu pour les salariés déclarés. L’objectif est de permettre aux travailleurs du sexe de bénéficier d’une couverture sociale dont beaucoup restent aujourd’hui exclus.
L’enjeu est particulièrement important en Thaïlande, où l’industrie du sexe demeure très visible, notamment dans certaines zones touristiques, alors que plusieurs activités liées à la prostitution restent pénalisées par la législation.
La dépénalisation défendue par Empower ne consiste donc pas simplement à « légaliser la prostitution » : ses promoteurs veulent surtout cesser de traiter les travailleurs du sexe comme des délinquants et leur donner accès à des protections sociales et professionnelles.
Trente jours pour obtenir une réponse
Des représentants de Bangkok, Chiang Mai et Udon Thani ont remis une pétition au gouvernement. Ils ont annoncé qu’ils intensifieraient leur campagne si aucune avancée n’était enregistrée dans les trente prochains jours.
Empower souligne également que cette évolution irait dans le sens des recommandations du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.
Le prochain enjeu est désormais politique : Anutin doit décider s’il donne son aval au texte, condition nécessaire à son examen par le Parlement.
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