
À Copenhague, plusieurs centaines de VinFast circulent désormais sous les couleurs de Green SM. Derrière ce service de taxis électriques se dessine une stratégie plus large : Vingroup tente de reproduire à l’étranger l’écosystème qui a permis à VinFast de s’imposer au Vietnam. Reste à savoir si cette visibilité dans les rues peut se transformer en ventes auprès des particuliers.
Le lancement de Green SM à Copenhague, le 30 juillet, marque la première implantation européenne du service de taxis électriques vietnamien. En amont, près de 600 VinFast VF 6 et VF 8 avaient été immatriculées au Danemark.
L’objectif est clair : plutôt que d’attendre qu’une marque encore peu connue se fasse une place dans les concessions, Vingroup met directement ses voitures dans le quotidien des consommateurs.
Chaque course devient ainsi une démonstration grandeur nature.
Vingroup crée une partie de sa propre demande
La stratégie repose sur plusieurs sociétés du même écosystème. VinFast produit les véhicules, Green SM les fait circuler, et V-Green développe les infrastructures de recharge.
Ce modèle permet à Vingroup de créer directement une partie de la demande pour ses voitures.
Aux Philippines, Green SM a signé des accords avec 75 entreprises et coopératives de transport en vue du déploiement de jusqu’à 18 497 véhicules électriques VinFast. Il s’agit d’un objectif de déploiement, et non de ventes déjà réalisées.
Green SM veut désormais accélérer son expansion et vise une présence dans dix pays d’ici à la fin de 2026.
Le véritable défi reste l’étranger
Cette offensive répond à une faiblesse persistante de VinFast : son succès reste très concentré au Vietnam.
Au premier trimestre 2026, le constructeur a livré 58 577 voitures électriques, en hausse de 61 % sur un an. Mais les marchés internationaux ne représentaient encore qu’environ 8 % des livraisons.
Green SM peut donc jouer un rôle important : multiplier la visibilité de la marque, familiariser les passagers avec les véhicules et accélérer leur présence dans les rues.
Mais en Europe, la concurrence sera rude. VinFast doit se faire une place face aux constructeurs historiques, à Tesla et aux marques chinoises déjà très offensives sur le marché électrique.
Des passagers aux acheteurs
C’est là que se situe le vrai test.
Faire monter des milliers de passagers dans une VinFast ne garantit pas qu’ils en achèteront une.
Le prix, le service après-vente, le réseau commercial, la valeur de revente et la confiance accordée à la marque pèseront davantage au moment de l’achat.
Copenhague devient donc un laboratoire intéressant pour Vingroup. Si Green SM parvient à ouvrir la voie aux ventes de VinFast auprès des particuliers, le groupe vietnamien aura trouvé une méthode originale pour accélérer son internationalisation.
Sinon, ses taxis resteront une vitrine spectaculaire, mais insuffisante pour faire de VinFast un constructeur véritablement mondial.
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