
Le Cambodge ne sera « jamais un refuge » pour les réseaux d’escroqueries en ligne, a assuré Hun Manet mercredi 23 septembre à Phnom Penh. Une promesse importante pour un pays devenu ces dernières années l’un des principaux foyers régionaux de cette criminalité organisée.
Le Premier ministre cambodgien Hun Manet veut afficher sa détermination face aux réseaux internationaux d’arnaques en ligne. À l’ouverture d’une conférence internationale organisée les 23 et 24 septembre à Phnom Penh, il a assuré que le Cambodge ne deviendrait « jamais un refuge » pour ces activités criminelles.
La rencontre réunit des représentants de 27 pays et sept organisations internationales, dont Interpol et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Hun Manet a notamment appelé à renforcer les échanges d’informations entre États pour lutter contre des organisations qui opèrent au-delà des frontières.
Plus de 300 millions de dollars gelés
Le gouvernement cambodgien met en avant les résultats de la campagne lancée contre ces réseaux. Selon les chiffres officiels, les autorités ont gelé plus de 300 millions de dollars sur des comptes liés aux escroqueries entre juillet 2025 et fin août 2026.
Durant cette période, 446 affaires impliquant 3 927 suspects ont été transmises à la justice. Phnom Penh affirme également avoir pris le contrôle de 86 grands centres d’arnaques. Des procédures ont aussi été engagées contre 15 responsables ou agents publics.
Ces complexes, particulièrement présents en Asie du Sud-Est, combinent souvent escroqueries numériques, blanchiment d’argent et traite des êtres humains. Des travailleurs attirés par de fausses offres d’emploi peuvent y être retenus et contraints de participer à des fraudes visant des victimes à l’étranger.
Un problème loin d’être réglé
Hun Manet affirme que les grands complexes d’arnaques n’existent désormais plus au Cambodge. Cette déclaration gouvernementale reste toutefois difficile à vérifier indépendamment.
Le Premier ministre reconnaît d’ailleurs que les réseaux criminels s’adaptent. Sous la pression des autorités, leurs activités peuvent se disperser dans des structures plus petites et plus difficiles à identifier.
L’ONUDC considère la conférence de Phnom Penh comme un signe d’ouverture à une coopération internationale renforcée, tout en soulignant que les efforts doivent se poursuivre au Cambodge comme dans le reste de la région.
La conférence doit s’achever le 24 septembre par l’adoption prévue d’une « Déclaration de Phnom Penh » consacrée à la coopération internationale contre les escroqueries en ligne.
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