
La Thaïlande prépare un nouveau tour de vis contre les stupéfiants. Mercredi 21 octobre, le Premier ministre Anutin Charnvirakul a présenté deux projets de loi visant à renforcer les sanctions et les pouvoirs de la police. Parmi les mesures envisagées : une distinction plus sévère entre consommateurs et trafiquants et un allongement de la durée de détention des suspects.
La lutte contre la drogue revient au premier plan de l’agenda politique thaïlandais. Mercredi 21 octobre, le Premier ministre Anutin Charnvirakul a déposé au Parlement deux projets de loi destinés à renforcer la répression du trafic de stupéfiants et à donner davantage de moyens aux enquêteurs.
Pour le gouvernement, les règles actuelles ne permettent pas toujours de lutter efficacement contre les réseaux criminels. La réforme entend notamment modifier les critères permettant de distinguer un consommateur d’un trafiquant.
De trois à sept jours de détention
La législation thaïlandaise fixe actuellement des seuils pour distinguer la détention de drogue à des fins personnelles du trafic. Anutin Charnvirakul veut durcir ces critères : au-delà de certaines quantités, les enquêteurs pourraient plus facilement retenir une présomption de trafic.
Un changement aux conséquences potentiellement lourdes pour les personnes interpellées, qui s’exposeraient à des poursuites et à des peines nettement plus sévères que pour une simple possession.
Autre mesure sensible : le délai maximal de détention prévu par les procédures concernées passerait de trois à sept jours. Le gouvernement estime que cette prolongation permettrait aux policiers de mener des investigations plus approfondies et d’identifier les réseaux de distribution. Les enquêteurs spécialisés pourraient également obtenir, avec l’autorisation d’un tribunal, l’accès à certaines communications et données numériques.
Le projet prévoit enfin des sanctions renforcées contre l’utilisation de mineurs dans le trafic et certaines infractions commises sur Internet.
Une politique entre répression et traitement des addictions
Le texte ne repose cependant pas uniquement sur des mesures répressives. Il propose également de faciliter l’accès aux programmes de désintoxication, notamment en permettant aux personnes ayant la charge d’un consommateur de solliciter son orientation vers un traitement.
Cette offensive antidrogue intervient quatre ans après la dépénalisation du cannabis, entrée en vigueur le 9 juin 2022. À l’époque, Anutin Charnvirakul, alors ministre de la Santé, avait été l’un des principaux artisans de cette réforme, une première en Asie. Depuis, la Thaïlande a progressivement resserré sa réglementation, notamment en limitant l’usage du cannabis à des fins médicales en 2025.
Aujourd’hui Premier ministre, Anutin défend un nouveau durcissement contre les stupéfiants. Les mesures présentées le 21 octobre 2026 ne visent toutefois pas spécifiquement le cannabis, mais plus largement les infractions liées aux drogues illicites.
Et pour les étrangers en Thaïlande ?
Si la réforme est adoptée, les nouvelles dispositions s’appliqueront à toute personne présente en Thaïlande, quelle que soit sa nationalité. Les résidents étrangers et les touristes seront donc également concernés.
Les principaux changements porteraient sur la distinction entre simple possession et trafic de drogue, ainsi que sur les pouvoirs accordés aux enquêteurs. Certaines personnes interpellées pourraient ainsi faire face à des poursuites plus sévères et à une durée de détention prolongée.
Pour l’heure, ces mesures ne sont pas encore applicables. Les deux projets de loi doivent suivre le processus parlementaire et leur contenu pourrait évoluer avant leur éventuelle adoption.
Pour Anutin Charnvirakul, l’objectif est de renforcer la lutte contre les trafiquants. Reste à savoir comment le Parlement encadrera ces nouveaux pouvoirs et quelles garanties seront prévues pour les personnes mises en cause.
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