
Le Vietnam devrait passer cette année devant l’Indonésie en PIB par habitant. Dans une tribune publiée sur LinkedIn, Leigh McKiernon, conseiller en affaires spécialisé sur l’Indonésie, explique comment Hanoï a rattrapé le géant de l’Asie du Sud-Est.
Selon le Fonds monétaire international, le PIB par habitant du Vietnam devrait atteindre 5 259 dollars en 2026, contre 5 153 dollars pour l’Indonésie. En 1990, un Indonésien produisait pourtant près de six fois plus qu’un Vietnamien.
Pour Leigh McKiernon, ancien du cabinet Korn Ferry, le tournant date de la crise asiatique de 1997. L’Indonésie en est sortie traumatisée et repliée sur elle-même. Le Vietnam en a tiré la leçon inverse : il s’est ouvert au commerce mondial, jusqu’à son adhésion à l’Organisation mondiale du commerce en 2007.
L’auteur met en avant trois explications. La géographie, d’abord : le Vietnam, frontalier de la Chine, peut faire livrer une pièce détachée depuis Shenzhen en quelques heures, quand l’archipel indonésien souffre de coûts logistiques élevés. Les choix industriels, ensuite : Hanoï a accueilli les usines d’assemblage de Samsung ou Foxconn, tandis que Jakarta a misé sur la transformation des minerais, qui crée peu d’emplois. L’éducation, enfin : les élèves vietnamiens obtiennent de bien meilleurs résultats que les élèves indonésiens aux tests internationaux PISA.
Le Vietnam n’est pas pour autant tiré d’affaire, reconnaît l’auteur. Ses exportations dépendent à plus de 70 % des entreprises étrangères, et sa population vieillit très vite. Leigh McKiernon n’en conclut pas moins que seul le Vietnam a une chance réaliste de rejoindre les pays à haut revenu d’ici 2045, l’année du centenaire des deux pays.
La tribune, incisive et au parti pris assumé, intéressera aussi les lecteurs installés en Thaïlande : plusieurs des défis qu’elle décrit, de la dépendance aux investisseurs étrangers au vieillissement de la population, concernent également le royaume.
Lire la tribune de Leigh McKiernon (en anglais)
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