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AFGHANISTAN – DIPLOMATIE : Que faut-il penser du retour au pouvoir des Talibans ?

Journaliste : Yves Carmona
La source : Rédaction
Date de publication : 10/09/2021
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Gavroche a la chance de disposer, au sein de sa rédaction, de diplomates engagés, vétérans de l’Asie. C’est le cas de notre ami Yves Carmona, ancien ambassadeur de France au Laos et au Népal. Il nous donne son opinion très personnelle sur la situation en Afghanistan.

 

Une chronique d’Yves Carmona, ancien Ambassadeur de France au Laos et au Népal

 

C’est le sujet du moment et il se trouve en Asie. Je n’y ai pas séjourné, il faut ne pas avoir peur du danger pour le faire et c’est comme cela depuis longtemps.

 

J’ai un ami qui y est allé au début des années 70 du XXème siècle, il circulait à cheval, pas en hélicoptère. Je ne crois pas qu’il parlait la langue de ceux qu’il rencontrait mais son destrier suffisait : ils le respectaient parce qu’il les respectait.

 

Je ne sais pas s’il est encore vivant ou non mais j’ai cette histoire à l’esprit quand il est question de l’Afghanistan. La première condition, c’est de respecter les Afghans.

 

Mais évidemment, cela ne suffit pas et les morts ainsi que le coût de la guerre menée depuis 20 ans en Afghanistan le démontrent, comme l’a déclaré le Président Biden dans son allocution du 30 août : 300 millions de dollars par jour pendant 20 ans, 2461 militaires américains. Encore n’a-t-il pas parlé des 90 morts français et de ceux d’autres nationalités et a-t-il limité son propos à la guerre qui a fait suite aux attentats d’Al Qaeda sous la direction d’Oussama Bin Laden le 11 septembre 2001 estimant – et beaucoup lui donnent raison -qu’il était plus que temps de solder les comptes.

 

Sans cesse en guerre

 

Mais si on regarde le passé, on voit que l’Afghanistan n’a cessé d’être en guerre ou en situation de paix armée qu’une douzaine d’années depuis le VIème siècle avant JC : la deuxième guerre mondiale lui a alors imposé la neutralité. Et presque toutes ces guerres n’ont pas été des guerres civiles car ce sont des étrangers qui les ont provoquées.

 

Oussama Bin Laden venait d’Arabie saoudite. Al Qaeda peut avoir des complices afghans mais c’est peu probable, les émules les plus connus sont en Afrique sahélienne ou en Afrique du Nord (Al Qaeda sur le Maghreb Islamique, AQMI).

 

La guerre continue

 

La guerre continue en Afghanistan. Les talibans ont conquis le pouvoir partout sauf dans la vallée du Panchir. Elle a été tenue par le commandant Massoud qui été tué deux jours avant les attentats du 11 septembre 2001, peut-être parce qu’il n’en voulait pas et son fils, le commandant Ahmad Massoud, résiste encore. Les observateurs ne le voient guère tenir s’il ne reçoit le soutien de l’étranger.

 

Car voilà un point sur lequel tous les Afghans sont d’accord : résister à l’occupation étrangère.

 

Cela ne veut pas dire qu’on se désintéresse du sort des Afghans.

 

Pression sur le gouvernement taliban

 

Lisons encore le discours du Président Biden : il a cité l’évacuation des Afghans qui avaient aidé les Américains puis a mentionné les quelque 300 000 Afghans entrainés et équipés en deux décennies mais dont plusieurs milliers sont restés sur le terrain, les survivants voyant le Président « au milieu de la corruption et la malfaisance » s’enfuir…

 

Cela ne veut pas dire non plus que les États-Unis manquent de moyens de pression sur le gouvernement taliban ou celui qui lui succédera pour faire respecter les engagements pris – laisser partir ceux des étrangers qui le souhaiteraient et de même pour les Afghans.

 

Quels Afghans ? Ceux de Kaboul, quand ils ont adopté des modes de vie occidentaux ou collaboré avec l’ancien régime, auront sûrement envie de partir. Des familles cherchent à Mazâr e Charîf le moyen de quitter le pays, on les comprend.

 

Certains pays, comme la Corée du Sud, préparent peut-être l’avenir en acceptant sur leur sol des Afghans qui obtiennent le droit d’y séjourner en échange d’une qualification.

 

Les autres afghans

 

Les victimes de la prise du pouvoir par le Viet Minh et ceux qui reposaient sur son efficacité militaire (Pathet Lao et Khmers rouges) sont revenus au bout d’un temps variable, souvent plus instruits à l’origine mais aussi forts de l’expérience acquise à l’étranger. En grand nombre parce qu’ils aiment leurs pays même quand ils ont construit leur vie ailleurs. Il ne leur viendrait pas à l’idée de critiquer leurs régimes politiques, ce sont des étrangers qui le font.

 

Les autres Afghans, ceux et surtout celles des campagnes et des montagnes, vivent encore la vie misérable de paysans chargés de récolter le pavot qui enrichit les seigneurs de la guerre avant de finir en grande quantité sur les trottoirs de villes américaines ou françaises.

 

Yves Carmona

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