
Une vaste opération d’espionnage attribuée aux services de renseignement chinois, visant à collecter des informations sensibles sur l’Union européenne et l’Otan via le recrutement de personnels européens à travers de faux profils sur LinkedIn, a été mise au jour, a indiqué vendredi une source sécuritaire européenne.
Selon cette même source, cette campagne — imputée au ministère chinois de la Sécurité d’État — confirme des révélations du média français Intelligence Online, reprises par plusieurs titres belges. Des dizaines d’anciens ou actuels collaborateurs d’institutions européennes et de l’Otan auraient ainsi été approchés sur LinkedIn par des agents chinois opérant sous des identités fictives, soigneusement construites pour inspirer confiance.
Plusieurs d’entre elles ont été recrutées en France, en Belgique, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Italie. Selon la ministre belge de la Justice, Annelies Verlinden, cette opération a permis à la Chine d’obtenir « de nombreuses informations et des renseignements d’importance », a-t-elle déclaré vendredi à l’AFP, confirmant des propos tenus au journal belge L’Echo.
L’un des faux profils LinkedIn les plus actifs se faisait appeler « Kevin Zhang » et se présentait comme le dirigeant d’une société de conseil fictive, « Oriental Consulting », prétendument basée à Hong Kong.
Dans un premier temps, les opérateurs approchaient leurs cibles en leur commandant des rapports ou des notes d’analyse rémunérés. Une fois la relation établie, ils cherchaient à obtenir des informations sensibles, non publiques, voire classifiées.
Les personnes recrutées percevaient des rémunérations allant de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros. Les informations recherchées par les services chinois portaient en priorité sur les sanctions et autres mesures prises par l’Union européenne à l’encontre de la Chine, ainsi que sur la stratégie de l’OTAN en Asie, en particulier vis-à-vis de Taïwan.
« Au fil des années, un dispositif particulièrement sophistiqué a permis d’approcher, à travers le monde, des fonctionnaires, des universitaires et d’autres personnalités influentes, par un individu qui s’est révélé être un agent des services de renseignement chinois », a détaillé la ministre belge de la Justice.
« Autrefois, ce type d’opérations relevait essentiellement de spécialistes aguerris. Désormais, Internet et les multiples plateformes de réseaux sociaux offrent aux grandes puissances un vivier inédit : elles y recrutent, de manière insidieuse et contre rémunération, des individus qu’elles incitent à se livrer à des activités d’espionnage et à relayer leur propagande », a-t-elle ajouté.
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