
Le chef de la junte birmane, Min Aung Hlaing, a prêté serment comme nouveau président ce vendredi 10 avril, consacrant cinq ans après le coup d’État la prise de contrôle des militaires sur l’appareil d’État.
« Je me consacrerai pleinement au service de la République de l’Union de Birmanie », a-t-il déclaré lors de la cérémonie organisée au Parlement à Naypyidaw. Entouré de ses deux vice-présidents, le dirigeant de 69 ans a promis de « faire prospérer les principes de justice, de liberté et d’égalité ».
Un pouvoir issu du coup d’État
Alors commandant en chef des armées, Min Aung Hlaing avait renversé en 2021 le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix depuis emprisonnée, plongeant le pays dans un conflit interne toujours en cours.
Cinq ans plus tard, le régime militaire a organisé des élections législatives en décembre et janvier, présentées comme une étape vers un retour à la démocratie.
Un scrutin sans véritable opposition
Le vote ne s’est toutefois pas tenu dans les zones contrôlées par des groupes rebelles. Sans réelle opposition, les partis pro-militaires ont largement dominé le scrutin, ouvrant la voie à l’accession de Min Aung Hlaing à la présidence.
Une militarisation assumée de l’État
Le nouveau gouvernement, également investi vendredi, reste largement dominé par l’armée. Plus des deux tiers des 31 ministres sont des militaires, en activité ou à la retraite, et une dizaine d’entre eux font l’objet de sanctions internationales.
Au-delà de ces chiffres, le régime consolide une militarisation en profondeur de l’appareil d’État. Des officiers occupent désormais des portefeuilles civils stratégiques — des transports à l’économie — tandis que le pouvoir s’organise autour d’un cercle restreint de fidèles. Cette emprise s’étend également aux échelons régionaux, où une majorité de gouverneurs proviennent de l’armée ou de la police.
Avec cette prise de fonction, Min Aung Hlaing ne se contente plus de diriger la junte : il formalise un système où les militaires contrôlent durablement l’ensemble des leviers du pouvoir.
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