Accueil Thaïlande Provinces CHIANG RAI – ENVIRONNEMENT : La pollution de la rivière Sai sanitaire provoque une alerte sanitaire

CHIANG RAI – ENVIRONNEMENT : La pollution de la rivière Sai sanitaire provoque une alerte sanitaire

Date de publication : 09/10/2026

Rivière Sai à Chang Rai

 

Dans le nord de la Thaïlande, la pollution de la rivière Sai continue d’inquiéter les autorités. Des analyses ont révélé des concentrations d’arsenic particulièrement élevées dans certains secteurs de ce cours d’eau frontalier avec la Birmanie. Le ministère de la Santé publique renforce ses recommandations aux habitants de cinq sous-districts de Mae Sai, tout en apportant des précisions rassurantes sur la qualité de l’eau distribuée localement.

 

La contamination de la rivière Sai, dans la province de Chiang Rai, prend une nouvelle dimension sanitaire. Jeudi 8 octobre, le Département thaïlandais de contrôle des maladies a renouvelé ses mises en garde contre la présence d’arsenic et d’autres métaux lourds dans les eaux de ce cours d’eau qui marque une partie de la frontière avec la Birmanie.

 

Les autorités demandent aux habitants de cinq sous-districts de Mae Sai — Mae Sai, Pong Pha, Si Mueang Chum, Wiang Phang Kham et Ko Chang — de ne pas utiliser directement l’eau de la rivière pour boire, cuisiner ou fabriquer des glaçons et des boissons. Elles recommandent également de ne pas consommer les animaux aquatiques qui y sont pêchés.

 

Cette nouvelle communication intervient après plusieurs mois de préoccupations environnementales dans la région. Dès juin 2025, Gavroche avait rapporté les inquiétudes de chercheurs et d’associations concernant la pollution des rivières Sai et Kok, notamment en raison des activités minières situées en amont, en Birmanie.

 

Une concentration d’arsenic 28 fois supérieure à la référence pour l’eau potable

 

Selon les résultats communiqués le 2 octobre par le Département thaïlandais de la santé, la concentration d’arsenic a atteint 0,28 milligramme par litre au point de prélèvement le plus contaminé. Ce niveau représente 28 fois la valeur de référence de 0,01 milligramme par litre retenue pour l’eau potable.

 

Il faut toutefois apporter une précision essentielle : cette mesure concerne l’eau brute de la rivière, et non l’eau distribuée aux habitants par les réseaux d’approvisionnement. Les autorités sanitaires indiquent en effet que les 38 systèmes villageois d’alimentation en eau contrôlés dans plusieurs districts de Chiang Rai, notamment Mae Sai, Chiang Saen et Wiang Chiang Rung, respectaient tous la norme relative à l’arsenic. Ces installations utilisent des ressources souterraines plutôt que directement l’eau de la rivière.

 

La présence d’arsenic dans la rivière ne rend donc pas nécessairement l’eau du robinet impropre à la consommation dans toute la région. Les autorités recommandent néanmoins aux habitants de privilégier l’eau en bouteille conforme aux normes ou l’eau des réseaux dont les services sanitaires ont vérifié la qualité.

 

L’exposition à l’arsenic peut provoquer des troubles digestifs et, lorsqu’elle se prolonge, avoir des conséquences plus graves sur la santé. Les autorités surveillent particulièrement les risques pour les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et celles qui travaillent régulièrement au contact de l’eau des rivières.

Le docteur Montien Kanasawadse, directeur général du Département de contrôle des maladies, appelle la population à rester vigilante sans céder à la panique. Il conseille aux personnes qui présentent des symptômes inhabituels après une possible exposition de consulter un professionnel de santé.

 

Une pollution persistante aux origines transfrontalières

 

La question de la contamination de la rivière Sai dépasse les frontières thaïlandaises. Depuis 2025, des chercheurs et des organisations environnementales attirent l’attention sur le développement d’activités minières dans l’État Shan, en Birmanie, en amont de plusieurs cours d’eau qui traversent ensuite le nord de la Thaïlande.

 

Des exploitations aurifères et d’autres activités minières pourraient contribuer à la pollution des rivières de la région par des métaux lourds. Les autorités doivent toutefois approfondir leurs analyses environnementales pour déterminer leur responsabilité exacte dans cette contamination.

 

La situation est d’autant plus préoccupante que les cours d’eau jouent un rôle important dans les activités agricoles et la vie quotidienne des populations frontalières. Les épisodes d’inondation peuvent également multiplier les occasions de contact avec les eaux contaminées.

 

Le Département thaïlandais de la santé recommande donc, par précaution, d’éviter non seulement la consommation directe de l’eau de la rivière Sai, mais aussi son utilisation pour laver les aliments, se baigner ou arroser les cultures dans les secteurs concernés, jusqu’à confirmation de sa sécurité.

 

Pour les habitants de Mae Sai, l’enjeu est désormais de disposer d’informations régulières sur la qualité de l’eau et de connaître précisément les usages qui restent sans danger. Les autorités poursuivent leur surveillance et invitent les personnes préoccupées par une éventuelle exposition à contacter les services de santé locaux ou la ligne d’information sanitaire au 1422.

 

Plus d’un an après les premières alertes environnementales, la pollution de la rivière Sai n’est donc toujours pas résolue. Elle pose désormais une question très concrète aux autorités thaïlandaises : comment protéger durablement les populations riveraines face à une contamination dont les causes possibles se situent en partie au-delà de leurs frontières ?

Vous avez aimé cet article ?

Recevez gratuitement nos lettres d’information :

Gratuit. Désinscription en un clic à tout moment.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

AFI Thaïlande
WR Life

Les plus lus