
Longtemps portée par les exportations et l’investissement, l’économie chinoise cherche un nouveau moteur. Avec son 15e Plan quinquennal pour l’expansion de la consommation (2026-2030), dévoilé le 13 juillet, Pékin affiche une ambition claire : renforcer durablement la demande intérieure afin de soutenir une croissance qui montre des signes d’essoufflement.
Cette nouvelle orientation intervient alors que la consommation des ménages reste insuffisante pour compenser le ralentissement du marché immobilier et la faiblesse de la demande intérieure, deux facteurs qui continuent de peser sur l’économie chinoise selon plusieurs analyses économiques.
Un objectif de 60 000 milliards de yuans
Pékin vise 60 000 milliards de yuans de ventes au détail d’ici à 2030, contre 50 100 milliards de yuans en 2025, soit une progression annuelle moyenne de 3,7 %.
Ces montants représentent environ 7 765 milliards d’euros et 6 484 milliards d’euros, selon le taux de change actuel. Les autorités estiment cet objectif atteignable, même si elles reconnaissent qu’il nécessitera une accélération par rapport au rythme actuel des dépenses des ménages.
Le plan fixe également un autre objectif majeur : augmenter de manière significative la part de la consommation des ménages dans le produit intérieur brut.
Rééquilibrer le modèle économique chinois
Aujourd’hui, la consommation des ménages représente environ 40 % du PIB chinois, un niveau nettement inférieur à celui des grandes économies développées.
À titre de comparaison, en France, la consommation des ménages représente plus de la moitié du PIB. Cet écart illustre le défi auquel Pékin est confronté : faire évoluer une économie encore largement tirée par l’investissement, l’industrie et les exportations vers un modèle davantage fondé sur la demande intérieure.
Pour y parvenir, le gouvernement ne souhaite pas seulement encourager les achats. Il veut aussi augmenter la capacité de consommation des ménages grâce à une meilleure répartition des revenus.
Les services et les revenus au cœur de la stratégie
Le plan prévoit de soutenir les achats de logements, d’automobiles, d’appareils électroménagers et d’autres biens durables, tout en favorisant l’innovation.
Mais il met également l’accent sur le développement des services, notamment dans les secteurs de la santé, de la prise en charge des personnes âgées, de la garde d’enfants, du tourisme, du sport, de l’éducation et des services numériques.
Les autorités soulignent toutefois qu’une hausse durable de la consommation passera avant tout par des revenus plus élevés, un marché du travail plus solide, une meilleure protection sociale et des services publics renforcés. Une application plus stricte des congés payés pourrait également soutenir les dépenses dans les loisirs et le tourisme.
Un changement de cap à confirmer
Pour les économistes, ce plan fixe une orientation cohérente, mais sa réussite dépendra de la confiance des ménages dans leurs perspectives de revenus et dans l’évolution de l’économie.
Sa mise en œuvre nécessitera également des financements suffisants, des objectifs précis et un soutien accru du gouvernement central afin d’améliorer concrètement la protection sociale et de réduire l’épargne de précaution.
Au-delà des objectifs chiffrés, ce 15e Plan quinquennal confirme un changement de cap : Pékin veut désormais faire de la consommation des ménages l’un des principaux moteurs de la croissance chinoise. Reste à savoir si les réformes engagées permettront de convaincre les ménages de dépenser davantage, condition indispensable pour réussir cette transformation économique.
Gaston Baht
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