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Commerce en ligne : la Thaïlande face à la domination de TikTok Shop et Shopee

Date de publication : 04/11/2026
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Parlement thaïlandais pour le budget 2027

Vous achetez sur TikTok Shop, Shopee ou Lazada ? La Thaïlande prépare une réforme de sa loi sur les transactions électroniques, qui encadrerait vos signatures, vos contrats et vos recours en ligne. Un débat qui rappelle celui de l’Europe : au Parlement, un député de la majorité s’inquiète d’une réforme qui profiterait surtout aux géants étrangers, et explique à Gavroche comment renforcer les plateformes thaïlandaises sans tomber dans le protectionnisme.

Comme en Europe, où la domination des plateformes chinoises et l’afflux de petits colis importés font débat, la Thaïlande s’interroge sur sa dépendance aux géants du commerce en ligne. Les trois principales plateformes du pays sont étrangères. Selon le cabinet Cube, TikTok Shop, propriété du chinois ByteDance, représentait 48 % des ventes réalisées sur ces trois plateformes au deuxième trimestre 2026, devant le singapourien Shopee (45 %) et Lazada, filiale du chinois Alibaba (7 %). En 2025, ces trois acteurs ont totalisé 30,7 milliards de dollars de ventes de marchandises en Thaïlande, soit une hausse de 21 % sur un an.

C’est dans ce contexte que la Chambre des représentants examine une réforme de la législation sur les transactions électroniques, actuellement régie par une loi de 2001.

« Des lois qui contribuent à enrichir d’autres pays »

Lors du débat du 28 octobre, Jakrapob Penkair, député du Pheu Thai, membre de la coalition gouvernementale, que Gavroche avait déjà interrogé sur l’amnistie politique, a soutenu le texte sur le principe, tout en s’inquiétant de ses retombées économiques. Selon lui, renforcer le cadre juridique du commerce en ligne sans soutenir les entreprises thaïlandaises risque de profiter principalement aux grandes plateformes internationales.

« Il arrive que je me lasse de voter des lois qui contribuent à enrichir d’autres pays tandis que les Thaïlandais s’appauvrissent », a-t-il déclaré devant les députés.

Interrogé par Gavroche, il précise toutefois qu’il ne souhaite pas restreindre la concurrence étrangère : « Je ne suis pas très favorable à une approche nationaliste des échanges commerciaux. Les consommateurs doivent pouvoir choisir librement parmi un plus grand nombre de produits et de services. »

Son objectif est plutôt de rendre les plateformes thaïlandaises plus compétitives. Il cite Thaimart, une plateforme thaïlandaise privée lancée en juillet, qui revendique plus de 15 000 boutiques mais reste minuscule face aux géants. « Il faut faire participer davantage les jeunes générations créatives à l’amélioration de plateformes comme Thaimart. Leur énergie et leur enthousiasme peuvent beaucoup apporter », confie-t-il à Gavroche. Il compte transmettre cette proposition au ministère du Commerce par l’intermédiaire de la commission parlementaire compétente, et envisage d’organiser un atelier national réunissant des spécialistes du secteur.

Protéger les victimes de fraudes

Le député insiste aussi sur la protection des consommateurs, dans un pays où les arnaques en ligne ont pris une ampleur considérable. Il s’inquiète de la rapidité avec laquelle les preuves numériques peuvent disparaître et des délais d’indemnisation des victimes de fraudes, et demande des moyens techniques pour enquêter et agir plus vite.

D’autres veulent aller plus loin. Le Parti du peuple, dans l’opposition, a déposé sa propre version du texte, inspirée du règlement européen sur les services numériques (DSA), mais sans en reprendre l’ensemble du cadre. Elle imposerait aux plateformes étrangères une licence et un représentant légal en Thaïlande.

Ce que prévoit le projet de loi du gouvernement

Le gouvernement a présenté ces dispositions en septembre, mais le Parlement pourrait encore les modifier au cours de l’examen du texte.

  • La signature électronique, déjà reconnue par la loi de 2001, pourrait reposer aussi sur des données biométriques (empreinte digitale, reconnaissance faciale).
  • Les contrats conclus automatiquement, par un site ou un système informatique, seraient explicitement reconnus comme valables.
  • Les données électroniques (e-mails, messages, documents numériques) pourraient être produites comme preuves devant un tribunal, et il reviendrait à celui qui les conteste de démontrer qu’elles ne sont pas fiables.
  • Les services d’identification en ligne et de signature électronique relèveraient d’un système d’accréditation par l’Agence de développement des transactions électroniques (ETDA).
  • Les grandes plateformes ne seraient pas régulées par ce texte : elles resteraient soumises au décret de 2022 sur les services de plateformes numériques. C’est précisément ce que la version du Parti du peuple voudrait changer.

À noter : depuis le 1er janvier 2026, tous les petits colis commandés à l’étranger, même de moins de 1 500 bahts, paient des droits de douane. Ces petits achats en ligne importés ont déjà rapporté plus de 4 milliards de bahts aux douanes.

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