
C’est un anniversaire qui honore la diplomatie française. Le 23 octobre 1991, à Paris, les accords de paix sur le Cambodge sont enfin signés. L’ex-royaume d’Angkor tourne la page de la guerre et de l’horreur dans lesquelles l’avaient plongé les Khmers rouges après la prise de Phnom Penh, le 17 avril 1975. Ces accords, le gouvernement français les a soutenu à bout de bras avec l’Australie. Avenue Kléber, dans les locaux du ministère des Affaires étrangères, devenus aujourd’hui un hôtel de grand luxe, les délégations des factions cambodgiennes ont passé des journées à négocier. Le prince Sihanouk revient sur le devant de la scène. L’Asie du Sud-Est commence à cesser de rimer avec la guerre.
Ce week-end, les 35 ans de ces accords ont été célébrés à Phnom Penh. Leur signature fut suivie du déploiement au Cambodge d’une opération inédite de maintien de la paix de l’ONU. Une réussite qui ne fut pas parfaite, mais qui permit d’en finir avec deux décennies de dévastation et de misère. Un clan sortit vainqueur : celui de Hun Sen, l’actuel président du Sénat, dont le fils, Hun Manet, est aujourd’hui Premier ministre.
La leçon de l’histoire : la diplomatie sert bel et bien à quelque chose. Elle peut permettre l’impossible. La France peut s’enorgueillir d’avoir contribué à ramener la paix. Le Sommet de la Francophonie à Phnom Penh, du 14 au 16 novembre, parachèvera en quelque sorte cette renaissance cambodgienne.
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