
Nous aimons, à Gavroche, les questions qui fâchent. Or, celle-ci en est une. L’émotion internationale suscitée par le boycott de touristes israéliens par l’exploitant français d’un parc animalier à Koh Samui justifie de s’attaquer à ce dossier très sensible de l’image d’Israël et de ses ressortissants, compte tenu de la tragédie de Gaza et des événements du Moyen-Orient.
Disons aussi les choses clairement : la critique de l’État d’Israël ne saurait davantage justifier de singulariser des touristes français ou d’autres nationalités parce qu’ils sont de confession juive ou parce qu’ils se sentent solidaires de l’État hébreu, même s’ils peuvent par ailleurs en dénoncer la politique.
Notre avis est clair : il n’est pas acceptable de boycotter les touristes israéliens dans un pays, la Thaïlande, qui entretient des relations diplomatiques avec l’État hébreu. Et il n’est pas acceptable, quel que soit le contexte, de singulariser les visiteurs de confession juive. Point. Gavroche ne cédera jamais à la mise en cause raciale, communautaire ou ethnique. Surtout dans des pays d’Asie du Sud-Est qui, indépendants, ont leurs lois que nous devons respecter.
Une autre question porte, en revanche, sur l’information mise à disposition des visiteurs dans les hôtels, cafés ou autres établissements touristiques. Rien n’empêche un opérateur touristique d’arborer le slogan « Free Palestine » ou de signaler de façon visible son soutien à la cause d’un État palestinien. L’important, ici, est de bien s’entendre sur les termes. Le Hamas est un groupe terroriste dont l’assaut du 7 octobre 2023 doit être condamné sans retenue. L’histoire de Gaza, en revanche, est celle de la lutte d’un peuple pour ses droits, et cela est indéniable. Ce qui se passe en Cisjordanie, territoire palestinien occupé où Israël poursuit sa politique de colonisation, est aussi inacceptable. Alors oui à la mise en avant des droits du peuple palestinien pour ceux qui le souhaitent. Oui à une symbolique visible de solidarité dans cette lutte. Mais non aux discriminations.
Il n’est pas étonnant qu’au vu de l’émotion suscitée par la tragédie de Gaza, même des Thaïlandais refusent d’accueillir des Israéliens. Gavroche ne s’associe pas à ce boycott qui mérite d’être dénoncé. Mais les ressortissants de l’État hébreu doivent comprendre que, partout où ils vont, et quelles que soient leurs opinions à la veille des prochaines élections législatives cet automne, les actes de leur gouvernement risquent de les transformer en parias dans une bonne partie du monde.
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Toute discrimination et appel à la haine sont intolérables. Mais que dire de l’attitude de certains touristes (israéliens en l’occurrence) qui arrachent des affiches placardés par des commerçants locaux en soutien à un des peuples qui se battent (ici le peuple palestinien). L’attitude néo-colonialiste de certains touristes est à condamner.