
Et voilà : il fallait s’y attendre. Pour avoir choisi d’aborder ouvertement, mais en prenant garde de ne pas tomber dans l’insulte, la question des jeunes Français problématiques de Phuket, Gavroche est désormais attaqué. Oui, attaqué !
Attaqué pour désinformer
Attaqué pour diffuser de fausses nouvelles
Attaqué pour oser aborder ces sujets qui font mal
Attaqué ? Pire. Certains de nos lecteurs, plutôt que de nous transmettre leur mécontentement et leurs remarques, ont entamé un travail public de délation, nous accusant de ne pas respecter les lois thaïlandaises, sollicitant une mise au pas de notre site d’information dont l’audience augmente chaque mois. La délation, vous connaissez ? C’est un sport très français, comme l’histoire l’a malheureusement plusieurs fois démontré.
À ces attaques, nous n’avons qu’une réponse : nos colonnes vous sont ouvertes, sous votre vrai nom et votre véritable identité. Posez-nous vos questions. Demandez-nous des comptes. Proposez-nous des tribunes pour réagir à nos articles. Cela se nomme le courage et la transparence. La civilité ne doit pas exister seulement dans les rues thaïlandaises, elle doit aussi être numérique.
Gavroche est depuis 35 ans une plateforme d’information francophone unique en son genre. Nous assurons, de facto, un service public de l’information sur la région, avec nos moyens et au service de tous nos lecteurs. Nous ne recevons pas d’aide. Nous n’en sollicitons pas des pouvoirs publics français. Nous vivons de la publicité, de notre audience et de votre soutien.
Alors, qui veut la peau de Gavroche ? Et si nous étions, en réalité, victimes de notre franchise et de notre succès ?
Nous n’allons, en tout cas, pas nous laisser impressionner. Car c’est de vous, amis lecteurs, que nous tirons la force de poursuivre cette aventure.
Avons-nous raison de persister ? Nous sommes à votre écoute.
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Un marronnier? Une recherche rapide permettra de trouver des faits identiques depuis 20 ans au moins avec le remarquable reportage d’une grande plume du Monde par exemple. La tension semblait avoir baissé à lire Gavroche , Google alerte, les brèves du Bangkok Post etc.
A l’occasion de Songkran qui est une fête religieuse et familiale d’abord mais aussi un carnaval avec une fonction d’un carnaval la question déchaîne à nouveau les passions.
Un carnaval est une forme de contestation des autorités, des rigidités sociales. Un défouloir. Comme le souligne un des commentateurs , à Rangoon ce sont d’abord les militaires qui sont arrosés.
Pour les jeune thaïs et les farangs seule cette fonction demeure, une fête païenne, une bacchanale, eau et onguents, cris, liesse et excès.
C’est dans la nature de l’événement.
Mais voilà, de jeunes Français d’origine d’Afrique du Nord ont dépassé les limites, combien on ne sait pas. Les chiffres baissent et parmi les prénoms cités il y aurait un Alexandre, prénom peu « arabic » sic
Loin de moi de vouloir nier les faits, ni les nuisances de la reconstitution de « quartiers » à Pattaya ou Phuket, ni la rugosité de ces jeunes touristes. Bien sûr les autorités ont à sévir. Et ils sont dommageables à l’image de la France.
Mais restons raisonnables ce sont des jeunes, ados prolongés, jeunes cons dit Brassens, et pas les seuls à avoir des comportements inadmissibles. Bien des nationalités se font concurrence.
J’aimerais inviter aussi tous les commentateurs à réfléchir à ce qu’est le tourisme, sinon l’espérance d’une consommation plus intense.
Et pour comprendre les french arabic à voir le film Pattaya.
Last but not least ce déluge de commentaires, c’est le seul sujet qui les déclenche dit beaucoup sur la société française, sur sa profonde division, fracture disent certains et la libération d’une parole non contrôlée. L’appellation wesh wesh wesh remplaçant celle de bougnoule de mon enfance.
Je crains qu’on ne rate et ne sache pas utiliser le dynamisme de ces jeunes.
Je ne veux pas être plus violent et ce n’est pas moi qui appellerai à l’ostracisme envers Gavroche pour ses articles
L’expression « jeunes Français problématiques » à Phuket n’est-elle pas elle-même problématique ? Une façon édulcorée d’éviter des désignations explicitement racistes, tout en les suggérant et en les désignant implicitement.
Que des faits puissent être reprochés à quiconque les commet, lorsqu’ils sont répréhensibles, n’implique pas qu’ils soient liés à ce qu’un de vos chroniqueurs qualifie de « phénotype ». On se croirait revenu à la craniologie du XIXe siècle, à Lombroso et à la « théorie » du « criminel né ».
De plus, associer le terme « araboïc » à « French » ne permet pas de savoir si les cibles désignées sont, par exemple, suisses ou belges. La réponse, consciente ou inconsciente, ne fait pourtant pas de doute dans tout ce qu’on peut lire sur le sujet. Haro sur ces « Français issus de l’immigration » (sic Chesmeau), autrement dit, en sous-texte, qui ne seraient pas français…
Gavroche attaqué ? Pas vraiment, au vu des commentaires que l’on peut lire. Gavroche exprime une désapprobation de comportements dont votre chroniqueur, en bon procureur, dresse la liste avec délectation — 19 au total. Une liste à la Prévert d’agissements reprochés, bien que fort peu attestés, et surtout non prouvés, avant toute condamnation officielle.
Mais que les commentaires, se substituant à l’administration locale, en bons colonisateurs, l’enjoignent de prononcer une sentence exemplaire permettant de faire le tri entre le « vrai » Français et le « faux » ?
La publication d’une photo de ce dernier, du moins vu comme tel, ne contribue-t-elle pas à exposer une cible expiatoire, alimentant la vindicte numérique et le déchaînement des commentaires ?