GAVROCHE HEBDO – ÉDITORIAL : Entre Paris et Hanoï, l’histoire, la mémoire et le poker menteur
Le président vietnamien Tô Lâm a eu droit au tapis rouge républicain à Paris. Normal : l’ancienne colonie française est aujourd’hui l’un des poumons économiques de l’Asie du Sud-Est, et les opportunités de construction d’infrastructures et d’équipements sont nombreuses pour les industries tricolores. La mémoire et l’histoire, compte tenu du passé colonial, ont aussi leur place dans cette relation.
Mais doit-on parler de confiance mutuelle ? Pas vraiment. Le Vietnam oscille, pour sa sécurité, entre les États-Unis et la Chine. Pékin est l’ennemi traditionnel, engagé en plus dans une rivalité maritime en mer de Chine méridionale pour le contrôle des îles Spratleys et Paracels. Washington offre un appui ponctuel, aux côtés d’alliés régionaux comme la Corée du Sud. L’Europe ? Elle est absente. Le gouvernement vietnamien, héritier d’une longue histoire de lutte pour son indépendance, garde un ressentiment compréhensible envers ceux qui mirent son peuple sous tutelle pendant plus d’un siècle.
La question est donc, pour la France, de savoir ce qu’il est possible d’obtenir du Parti communiste vietnamien, dont le pouvoir est implacable et verrouillé à double tour. Oui à la collaboration culturelle, oui à la coopération francophone, avant le sommet de Phnom Penh en novembre, oui aux symboles et aux échanges commerciaux. Pour le reste, ne rêvons pas : le Vietnam mène, vis-à-vis de la France, une sorte de poker menteur dont nous ne devons pas être dupes.
Bonne lecture !

















































