
Les premières conséquences économiques des tensions autour du détroit d’Ormuz commencent à apparaître au Japon. Selon plusieurs indicateurs publiés pour le mois d’avril, les perturbations dans cette zone stratégique du Golfe affectent désormais directement certaines industries japonaises, en particulier la pétrochimie.
Le Japon dépend fortement du Moyen-Orient pour ses importations de naphta, une matière première essentielle utilisée dans la fabrication de plastiques, produits chimiques et carburants. Or près de 70 à 75 % du naphta importé par le pays transite par le détroit d’Ormuz.
Les premières tensions apparaissent dans la pétrochimie
Les données industrielles de mars montrent déjà un net ralentissement de la production dans plusieurs secteurs liés à l’énergie et à la chimie. La production chimique japonaise a chuté de 8,6 % sur un mois, tandis que les secteurs du pétrole et du charbon ont reculé de 7,7 %.
Plus inquiétant encore, certains produits de base de l’industrie pétrochimique ont enregistré des baisses spectaculaires. La production de naphta a ainsi plongé de plus de 21 %, tout comme plusieurs composants industriels essentiels utilisés dans les plastiques et les matériaux synthétiques.
Les analystes estiment que les entreprises japonaises commencent à puiser dans leurs stocks afin de compenser les difficultés d’approvisionnement.
Les PME commencent à s’inquiéter
Pour l’instant, l’impact reste surtout visible dans les secteurs industriels en amont, mais les enquêtes montrent que les petites et moyennes entreprises commencent elles aussi à ressentir les tensions. Certaines sociétés évoquent déjà des difficultés d’approvisionnement en plastiques, revêtements industriels et produits dérivés du pétrole, avec une hausse des coûts difficile à répercuter sur les clients.
Les économistes craignent qu’en cas de prolongation des perturbations dans le Golfe, ces tensions ne finissent par toucher plus largement l’économie japonaise.
Une consommation qui résiste encore
Malgré ce contexte, la consommation intérieure japonaise reste relativement solide. Les dépenses par carte bancaire montrent certes un léger ralentissement dans les restaurants et l’hôtellerie, mais les transports et certaines dépenses discrétionnaires continuent de progresser.
Les ventes automobiles ont même fortement augmenté en avril, même si cette hausse semble principalement liée à une modification fiscale intervenue fin mars.
Les prochains mois seront décisifs
Les économistes surveillent désormais de près les chiffres industriels du deuxième trimestre. Officiellement, les industriels japonais anticipent encore une légère reprise de la production en avril. Mais les projections corrigées du ministère japonais de l’Économie apparaissent beaucoup plus prudentes et suggèrent au contraire une poursuite du ralentissement.
Pour le Japon, très dépendant des importations énergétiques du Moyen-Orient, l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz pourrait rapidement devenir un enjeu économique majeur dans les mois à venir.
Gaston Baht
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