
Voyager au Japon coûtera désormais un peu plus cher. Depuis le 1er juillet, le gouvernement a triplé la taxe prélevée sur chaque départ du territoire et renforcé les restrictions d’accès à certains sites de Kyoto afin de mieux faire face au surtourisme. Une évolution qui illustre la volonté des autorités de préserver le patrimoine tout en continuant d’accueillir un nombre croissant de visiteurs.
Le Japon rejoint la liste des grandes destinations touristiques qui cherchent à mieux encadrer l’afflux de voyageurs. À l’image de Venise, Barcelone ou Amsterdam, l’archipel met en place de nouvelles mesures destinées à limiter les nuisances liées à la fréquentation record de certains sites, sans remettre en cause l’importance du tourisme pour son économie.
Kyoto protège son quartier historique
À Kyoto, les autorités ont renforcé les restrictions dans le célèbre quartier de Gion, connu pour ses maisons traditionnelles et la présence des geishas.
Depuis plusieurs années, ces dernières sont régulièrement suivies, photographiées ou sollicitées de manière insistante par des visiteurs en quête du cliché parfait. Les habitants dénoncent également les intrusions répétées dans des ruelles privées, pourtant situées au cœur d’un quartier résidentiel.
Les touristes ne peuvent désormais plus accéder à plusieurs allées privées de Gion. Des panneaux d’information en plusieurs langues rappellent les nouvelles règles, tandis que des patrouilles de bénévoles orientent les visiteurs et veillent à leur respect. Les contrevenants s’exposent à des amendes.
Une taxe de départ portée à 3 000 yens
Depuis le 1er juillet 2026, le gouvernement japonais a également triplé la taxe internationale de départ, plus connue sous le nom de « Sayonara Tax ».
Son montant passe de 1 000 à 3 000 yens, soit environ 18 euros par voyageur. Cette taxe est automatiquement incluse dans le prix des billets d’avion ou de bateau et s’applique à toute personne quittant le Japon, qu’il s’agisse d’un visiteur étranger ou d’un citoyen japonais. Les billets achetés avant le 1er juillet ne sont pas concernés par cette hausse.
Les recettes serviront notamment à moderniser les aéroports, améliorer les infrastructures touristiques, préserver les sites historiques et développer de nouveaux services numériques destinés aux voyageurs.
Un tourisme en pleine expansion
Ces mesures interviennent alors que le Japon a accueilli plus de 39 millions de visiteurs internationaux l’an dernier, un niveau historique. Les touristes chinois restent les plus nombreux, devant ceux venus de Taïwan, des États-Unis et de Corée du Sud.
Le triplement de la taxe devrait faire passer les recettes annuelles d’environ 50 milliards de yens à près de 120 milliards de yens, offrant au gouvernement des moyens supplémentaires pour adapter les infrastructures à cette fréquentation toujours plus importante.
Les autorités anticipent déjà une nouvelle hausse du nombre de visiteurs dans les prochaines années, notamment avec l’ouverture, prévue en 2030, du vaste complexe touristique MGM Osaka, qui pourrait attirer jusqu’à 20 millions de visiteurs supplémentaires par an dans la région.
Préserver le patrimoine sans décourager les voyageurs
Le Japon ne cherche pas à freiner le tourisme, devenu un pilier de son économie. Son objectif est plutôt de mieux répartir les flux de visiteurs, de protéger les sites les plus fragiles et d’améliorer la cohabitation entre touristes et habitants.
Un défi auquel sont désormais confrontées de nombreuses destinations parmi les plus prisées au monde, et auquel le Japon entend répondre en conciliant attractivité touristique et préservation de son patrimoine culturel.
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