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La cuisine de la consolation

Date de publication : 24/05/2024
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La cuisine de la consolation livre

 

Le deuil, ce moment où l’on a encore faim. Une chronique culinaire et sociétale de François Guilbert.

 

Depuis des années, les livres de la comédienne Stéphanie Schwartzbrod examinent les liens culinaires entre « ici » et « là-bas ». Après son manuscrit sur la Cuisine de l’exil publié en 2019 voici celui des pratiques alimentaires des obsèques et du deuil. Un thème de recherches et d’enquêtes rares, surtout quand on prend le parti de s’intéresser aux pratiques du plus grand nombre, sans se consacrer à une communauté plus qu’à une autre. Un égalitarisme de bon aloi et fort utile pour promouvoir un vivre ensemble respectueux des différences culturelles et cultuelles.

 

A la disparition d’un être cher comment adaptons notre manger lors des veillées funèbres, à l’issue des obsèques ou lors des jours du souvenir ? Comment l’urbanisation, la dispersion des cellules familiales, l’éloignement migratoire font-ils évoluer les « traditions » ? Hors de sa dimension sociale voire communautaire, comment la cuisine nous maintient-elle, au fils des années, en liens avec ceux que l’on chérissait si tendrement ? Chacun d’entre nous a ou a eu une expérience en la matière. Un plat, une odeur, une saveur, un ingrédient, peut faire revivre le ou les défunts ; nous faire sentir à nouveau une présence quasi-charnelle. Cette affection intensément ressentie via une praxis culinaire est des plus troublante. Mais elle est si souvent à la hauteur de celle qui a été autrefois donnée. Elle en est le révélateur et perpétuateur de l’amour familiale, de liens transgénérationnels ou de complicités amicales. Ce maillage affectif par-delà la mort transcende les cultures. Que l’on soit de l’hexagone ou venu d’Afrique, des Amériques, d’Europe ou des Orients, les mets diffèrent, leurs valeurs symboliques aussi, mais ils constituent notre patrimoine personnel, notre être, notre lignage.

 

Tout le talent de S. Schwartzbrod est de faire jaillir cette vérité en faisant parler ceux vers lesquels elle va à la rencontre. Avec délicatesse, elle donne à se raconter dans les moments les plus intimes et les émotions les plus profondes. Son empathie, son amitié spontanée, sa bienveillance font s’ouvrir les cœurs. Ce sont certainement des confessions qui ont redonnées vie et espoirs à ceux qui ont partagé les souvenirs de leurs douleurs. Elles sont des temps de partage d’autant plus fort que l’auteure n’hésite pas à se mettre à nue, à raconter ses affres familiales et ceux du décès d’une mère emportée par une longue maladie. En se montrant tout simplement comme une autre, S. Schwartzbrod nous emporte avec douceur vers les autres alors que la mort les a frappés. On voyage avec elle dans la France des différences.

 

Successivement, on va à la rencontre de Doriane, Cam Thi, Shogofa, Nino, Bintou et tant d’autres. 23 portraits pour dépeindre les cultures culinaires mortuaires d’autant de pays de la planète. Dans ce panorama, l’Asie est en bonne place : Afghanistan, Corée, Inde, Japon, Mongolie, Vietnam. Certes, tous les territoires d’émigration ne sont pas couverts mais le livre offert n’est pas une étude à vocation exhaustive. Il n’est pas une enquête d’anthropologue. Il est une accumulation d’histoires individuelles, aux hasards de la vie.

 

Chaque entretien est le fruit d’une rencontre, ou plutôt d’une somme de rencontres. Chacun y a mis du sien, y a mis du temps, y a mis de la confiance. Ces matériaux sont du partage. C’est si vrai que chaque récit est agrémenté de recettes personnelles. Comme dans tout menu de l’hexagone, on y trouve des entrées, des plats, des desserts et des boissons. Au total, 95 recettes détaillées et à refaire. Chaque personne mise à contribution en a partagé de 2 à 6. Mais quand je vous disais que l’auteure n’a pas hésité à donner de sa personne, S. Schwartzbrod en a, elle, énoncé 15 venues de sa mère. Mais le don le plus valeureux que nous fait la narratrice, tout au moins pour ceux qui résident dans l’hexagone, ce sont 25 pages à la fin de l’ouvrage égrainant les points de ventes généralistes ou spécialisés auprès desquels on pourra se rendre pour acquérir les ingrédients indispensables aux plats évoqués ou communautaires. Coordonnées téléphoniques, adresses à Paris, banlieue, provinces sont ainsi généreusement mises à la disposition de tous.

 

Stéphanie Schwartzbrod : La cuisine de la consolation, Actes Sud, 2024, 508 p, 24 €

 

François Guilbert

 

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