
Hausse du salaire minimum, aides aux ménages, titularisation de milliers de médecins et investissements industriels : le budget 2027 présenté vendredi 9 octobre par le Premier ministre malaisien multiplie les engagements. Mais comment financer ces ambitions tout en réduisant le déficit public ?
Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, également ministre des Finances, a présenté vendredi 9 octobre devant le Parlement un budget fédéral de 459,8 milliards de ringgits, soit environ 98 milliards d’euros. En intégrant les investissements prévus par les entreprises liées à l’État et les partenariats public-privé, le gouvernement affiche un programme global de 510 milliards de ringgits.
Derrière ces montants, Kuala Lumpur entend mener de front deux priorités : soutenir le pouvoir d’achat des Malaisiens et renforcer la compétitivité de son économie.
Le salaire minimum national doit ainsi passer de 1 700 à 2 000 ringgits mensuels en juin 2027. Le gouvernement annonce également une augmentation des aides destinées aux ménages modestes, notamment dans le cadre du programme SARA, dont certains bénéficiaires pourront recevoir jusqu’à 1 800 ringgits par an.
Autre mesure emblématique : la titularisation de 9 000 médecins actuellement employés sous contrat, afin de répondre aux difficultés de recrutement et de fidélisation du personnel hospitalier.
Le budget prévoit également un relèvement de l’abattement fiscal personnel de 9 000 à 12 000 ringgits, une première depuis 2010.
Investir sans creuser la dette
Parallèlement, le gouvernement veut accélérer le développement des secteurs industriels à forte valeur ajoutée, notamment les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies.
Les dépenses de développement atteindront 83 milliards de ringgits, tandis que la Banque centrale prévoit une enveloppe supplémentaire de 5 milliards pour faciliter le financement des petites et moyennes entreprises.
Reste la question du financement. Kuala Lumpur prévoit de réduire son déficit public de 3,6 % du PIB en 2026 à 3,3 % en 2027. Selon les projections gouvernementales, la dette fédérale devrait également reculer de 64 % à 63,7 % du PIB.
Pour y parvenir, Anwar Ibrahim compte notamment sur une augmentation des recettes publiques, attendues à 380,8 milliards de ringgits l’an prochain, contre 363,6 milliards cette année.
Dans une Asie du Sud-Est où la concurrence pour attirer les investissements internationaux s’intensifie, la Malaisie veut ainsi concilier montée en gamme industrielle, progrès social et discipline budgétaire.
Un programme ambitieux, dont la réussite dépendra autant de la croissance économique que de la capacité du gouvernement à tenir ses engagements.
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