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THAÏLANDE – ÉCONOMIE : Bangkok ouvre une nouvelle porte vers le Moyen-Orient

Date de publication : 10/10/2026

Abu Dhabi - Bangkok accord libre échange

 

La Thaïlande s’apprête à franchir une nouvelle étape dans ses relations commerciales avec les pays du Golfe. Bangkok et Abou Dhabi viennent d’achever les négociations d’un accord de libre-échange inédit. Derrière ce rapprochement se dessinent de nouvelles perspectives pour les exportateurs thaïlandais, mais aussi pour les investissements émiratis dans le royaume.

 

La Thaïlande regarde de plus en plus vers le Moyen-Orient. Mercredi 7 octobre, Bangkok et les Émirats arabes unis ont conclu leurs négociations en vue d’un accord de partenariat économique global, connu sous son acronyme anglais CEPA. Sa signature est envisagée au premier trimestre 2027, après la finalisation des procédures nécessaires.

 

Il s’agirait du premier accord de libre-échange bilatéral conclu par la Thaïlande avec un pays du Moyen-Orient.

 

Le lendemain, le Premier ministre Anutin Charnvirakul a reçu à Bangkok le ministre émirati du Commerce extérieur, Thani bin Ahmed Al Zeyoudi. Les deux responsables ont salué l’aboutissement de négociations engagées en 2023 et évoqué les perspectives ouvertes par ce rapprochement économique.

 

Pour les entreprises thaïlandaises, l’enjeu est concret. L’accord devrait permettre de réduire, voire de supprimer, les droits de douane sur plusieurs catégories de produits, notamment le riz, les conserves de thon, les fruits, les bijoux, les équipements électroniques et les pièces automobiles.

 

Selon les estimations du ministère thaïlandais du Commerce, il pourrait accroître les exportations du royaume de 227 à 243 millions de dollars et générer un supplément de croissance économique évalué entre 318 et 357 millions de dollars, par rapport à un scénario sans accord. Ces chiffres restent des projections gouvernementales.

 

Les capitaux du Golfe dans le viseur

 

Mais Bangkok ne cherche pas seulement à vendre davantage de produits aux Émirats. Lors de sa rencontre avec Anutin Charnvirakul, le ministre émirati du Commerce extérieur a réaffirmé la volonté d’Abou Dhabi de contribuer à la sécurité énergétique thaïlandaise et d’accroître ses investissements dans les industries d’avenir. La sécurité alimentaire figure également parmi les priorités communes.

 

Les autorités thaïlandaises souhaitent aussi développer le tourisme médical, un secteur qui attire déjà une clientèle venue du Golfe. Selon le ministère du Commerce, plus de 40 000 ressortissants émiratis ont reçu des soins dans des établissements privés thaïlandais en 2024, générant plus de 1,5 milliard de bahts de recettes.

 

Les relations économiques entre les deux pays sont déjà importantes. En 2025, leurs échanges commerciaux ont atteint 21,26 milliards de dollars. Les Émirats arabes unis constituent le premier partenaire commercial de la Thaïlande au Moyen-Orient, notamment grâce aux importations thaïlandaises de pétrole, de gaz et d’or.

 

Au-delà du marché émirati, Bangkok voit dans cet accord une porte d’entrée vers l’ensemble du Golfe. Pour Abou Dhabi, il s’inscrit dans une stratégie de diversification économique et de renforcement des liens commerciaux avec l’Asie.

 

Pour Anutin Charnvirakul, l’accord avec les Émirats pourrait également ouvrir la voie à d’autres partenariats de libre-échange. Bangkok entend diversifier ses débouchés commerciaux et attirer de nouveaux capitaux, dans un contexte de concurrence économique accrue en Asie.

 

Reste désormais à transformer cette entente en accord signé, puis en résultats concrets pour les entreprises. La prochaine étape est attendue début 2027.

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