
Une centrale électrique alimentée à la biomasse a été la cible d’une attaque armée dans la province de Pattani, dans l’extrême sud de la Thaïlande, dans la nuit du 8 au 9 juin. L’opération, menée par un groupe d’hommes armés, a été suivie de plusieurs explosions à l’intérieur du site. Aucun blessé n’a toutefois été signalé.
L’attaque s’est produite peu après minuit au sein de la centrale biomasse Pattani Green, exploitée par la société Pattani Green Co., Ltd., dans le district de Nong Chik.
Selon les premiers éléments de l’enquête, un groupe d’individus armés est parvenu à pénétrer dans l’enceinte de l’installation en empruntant une zone boisée située à l’arrière du site. Le nombre exact d’assaillants n’a pas été confirmé par les autorités, même si plusieurs sources locales évoquent un commando composé de plus d’une dizaine d’hommes.
Les assaillants auraient ensuite menacé les agents de sécurité et les employés présents avec des armes à feu, avant de les contraindre à se regrouper à l’entrée principale de la centrale afin de neutraliser toute résistance pendant l’opération. Certains médias locaux affirment que les agents de sécurité auraient été ligotés, une information qui n’a toutefois pas été confirmée officiellement.
Peu après, plusieurs explosions ont retenti à l’intérieur du complexe industriel, provoquant l’inquiétude des habitants des environs. Les auteurs de l’attaque ont ensuite pris la fuite avant l’arrivée des forces de sécurité.
Une infrastructure économique stratégique visée
Au-delà de l’incident sécuritaire, l’attaque touche une infrastructure importante pour l’économie locale. Les centrales biomasse jouent un rôle croissant dans la production d’électricité dans le sud de la Thaïlande, tout en valorisant les résidus agricoles issus notamment des plantations d’hévéas et de palmiers à huile.
Le choix d’une cible énergétique pourrait témoigner d’une volonté de perturber une activité économique essentielle plutôt que de viser directement les forces de sécurité. Les autorités n’ont toutefois communiqué aucun élément permettant de déterminer le mobile exact de l’attaque et aucun groupe n’avait revendiqué l’opération mardi matin.
Une région marquée par des violences récurrentes
Depuis la reprise des violences en 2004, le conflit dans l’extrême sud thaïlandais a causé la mort de plus de 7 000 personnes, malgré plusieurs cycles de négociations entre Bangkok et les groupes insurgés.
Malgré plusieurs cycles de négociations entre Bangkok et certains mouvements rebelles, des attaques continuent d’être menées contre les forces de sécurité, les infrastructures publiques et, plus occasionnellement, des installations économiques.
Pour les observateurs, cet incident rappelle que la situation demeure fragile dans cette région frontalière de la Malaisie, éloignée des principaux pôles touristiques du royaume mais toujours confrontée à des défis sécuritaires persistants.
Route nationale fermée et enquête en cours
Après l’attaque, des unités de la 43e Ranger Task Force ainsi que plusieurs services de sécurité ont rapidement pris le contrôle de la zone. Les autorités ont temporairement fermé une portion de la route nationale 418, entre le carrefour Ford et le rond-point de Phrao Ton Diao, afin de permettre les opérations de sécurisation, les constatations techniques et la collecte d’indices.
Des points de contrôle supplémentaires ont également été installés autour du secteur tandis que les mesures de sécurité ont été renforcées au niveau maximal dans les environs afin de prévenir tout nouvel incident et de rassurer la population locale.
Les enquêteurs poursuivent actuellement leurs investigations afin d’évaluer les dégâts causés à la centrale, d’analyser les éléments de preuve recueillis sur place et d’identifier les auteurs de l’attaque.
Si les violences dans l’extrême sud thaïlandais sont aujourd’hui moins fréquentes qu’au plus fort du conflit, cette attaque rappelle que les groupes armés actifs dans la région conservent une capacité d’action contre des infrastructures sensibles, loin des zones touristiques qui concentrent habituellement l’attention des visiteurs étrangers.
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