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THAÏLANDE – CHRONIQUE : Le bonhomme de neige du Siam

Date de publication : 11/01/2026
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Une chronique de Patrick Chesneau

 

La Thaïlande, dernier arrêt avant les icebergs des mers du Sud

 

Pauvre bonhomme de neige. Il grelotte en France. Gelé de la tête aux pieds. Ne rêve plus que de chaleur tropicale, de réchauffement en degrés Celsius, de rayons de soleil. Aussi inconscient qu’intrépide, il décide de tenter l’aventure. En brandissant sa pancarte. D’un geste presque poignant. C’est dire son appétit de mercure à la hausse. Quitte à risquer sa santé en se frottant à de possibles reliquats de canicule. C’est décidé. Direction la Thaïlande.

 

Las !!!! Que ne va-t-il ainsi se fourvoyer. Sans doute a-t-il cru l’un de ces Youtubeurs vantant les mérites du Royaume de Siam à grands renforts de « projets expatriation ». Il aurait dû être plus vigilant. Et surtout mieux renseigné. En cette période, la Thaïlande est transie.

 

Le sabai sabai se déguste en réfrigéré. Les provinces sont des glacières

 

Pour un peu, le Thaï devenu subitement frileux sous le coup des vagues de froid répétées déboulant de Chine troquerait le T-shirt siglé de l’une des trois marques de bière autochtones — Singha, Chang ou Leo — pour une doudoune matelassée. Pareil pour les chemisettes à fleurs façon Songkran, à échanger contre un blouson rembourré.

 

Pour ce qui les concerne, les femmes-orchidées de cette latitude délaisseraient volontiers un petit chemisier en lin, si seyant à leur physionomie gracile, acheté 200 B sur TikTok, pour une chasuble molletonnée. Pour tous, ladyboys inclus, grosses moufles et cache-nez. À commencer par les motosai, ces légendaires taxis-motos sillonnant chaque soi (prononcer soï, rue en thaï) de la capitale, et les livreurs GRAB aux sacoches débordant de plats préparés à l’intention d’une clientèle urbaine affairée.

 

Un constat s’impose. Le mirifique pays du sourire est pétrifié

 

Victime d’un thermomètre adepte de plongées vertigineuses. 16 °C aux aurores à Bangkok. La Cité des Anges livrée aux frimas. Même dans le nord de l’Isaan, sur les rives habituellement voluptueuses du Mékong, on claque des dents. Vers Udon Thani, Nong Khai, 11 °C. Toujours au bord du fleuve mythique, Chiang Khong, paisible bourgade du Triangle d’Or, face au Laos, 8 °C certains matins où l’on privilégie la position recroquevillée sur les marchés desservis par les montagnards des minorités ethniques. Vaine tentative pour se prémunir des assauts d’un vent glacial.

 

Notre bonhomme de neige auto-stoppeur est certes un insatiable bourlingueur, mais il faut se rendre à l’évidence. La dérive des continents, connaît pas. Il ignore en tout cas que la Sibérie et l’Antarctique sont en train, au gré des bulletins météo, de réaliser leur jonction. Comme de juste, ça se passe au beau milieu des vastes étendues de plaines et de rizières du centre de la Thaïlande.

 

Un nouveau conflit territorial en perspective ? Cette fois, l’offensive est climatique.

 

Patrick Chesneau

 

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