
Le chef de la police nationale a ordonné une enquête urgente après des accusations visant un policier du commissariat de Huai Yai. L’examen doit notamment établir si ce dernier fournissait de la drogue à Thana « Pong » Kerdthong, principal suspect dans l’affaire des cinq meurtres près de Pattaya. Cette décision intervient après les critiques d’une famille thaïlandaise sur la manière dont la disparition de trois des victimes avait été traitée.
Le chef de la police nationale thaïlandaise, le général Kitrat Phanphet, a ordonné l’ouverture d’une enquête sur les accusations impliquant un policier dans un possible trafic de drogue lié à Thana Kerdthong, surnommé « Pong ».
Ces allégations ont émergé lors d’une émission télévisée consacrée à l’affaire. L’ancienne épouse de l’une des victimes présumées a affirmé que Pong se procurait de la drogue auprès d’un haut responsable du commissariat de Huai Yai, dans la province de Chonburi.
Le téléphone d’un policier examiné
Le porte-parole de la police nationale, le lieutenant-général Trairong Phiwphan, a annoncé que les enquêteurs examineraient le téléphone portable du policier mis en cause afin de rechercher d’éventuels éléments matériels.
La police provinciale de Chonburi doit transmettre rapidement ses conclusions à la direction nationale. Les autorités ont prévenu que tout policier dont l’implication serait établie s’exposerait à des poursuites disciplinaires et pénales.
À ce stade, les accusations formulées pendant l’émission restent à vérifier. La police de la région 2 a reçu pour instruction d’interroger les témoins et d’examiner toutes les allégations concernant une éventuelle participation de membres des forces de l’ordre.
Les faits présumés de trafic de stupéfiants resteraient susceptibles de poursuites, le délai de prescription n’étant pas expiré.
Une enquête déjà critiquée par les proches des victimes thaïlandaises
Cette nouvelle investigation intervient après les critiques exprimées par la famille des trois victimes thaïlandaises.
Comme Gavroche le rapportait dans un précédent article, leurs proches ont dénoncé un traitement « à deux vitesses » de l’affaire. Ils estiment que la disparition de la famille thaïlandaise n’a pas suscité la même mobilisation policière que celle des deux jeunes ressortissants russes.
Selon leur témoignage, les démarches entreprises après la disparition des trois Thaïlandais n’auraient pas immédiatement conduit à une enquête d’une ampleur comparable. L’affaire a pris une nouvelle dimension après la découverte des corps des deux victimes russes et l’arrestation des suspects.
L’ordre donné par le chef de la police nationale élargit désormais les investigations au fonctionnement même des services concernés et à d’éventuelles protections policières.
Cinq victimes et quatre suspects
Thana « Pong » Kerdthong, 43 ans, est accusé du meurtre de deux membres d’une même fratrie russe. Les enquêteurs le soupçonnent également d’avoir participé aux meurtres des trois membres de la famille thaïlandaise.
Au total, quatre suspects sont poursuivis dans cette affaire. La police souhaite retenir des qualifications plus lourdes, dont le meurtre avec préméditation, et s’oppose à leur remise en liberté sous caution. Elle souligne notamment les antécédents judiciaires de Pong.
Les enquêteurs cherchent aussi à déterminer si les suspects se sont fait passer pour des policiers afin d’attirer, d’intercepter ou de retenir certaines victimes avant leur mise à mort.
La libération de « Pong » également passée au crible
La police nationale examine séparément les circonstances dans lesquelles Pong a quitté la prison environ deux mois avant les meurtres. Les autorités doivent vérifier les procédures appliquées lors de sa libération et déterminer si des défaillances institutionnelles ont pu favoriser la suite des événements.
L’enquête porte donc désormais sur trois volets : les cinq meurtres, les soupçons de trafic de drogue impliquant un policier et les conditions de remise en liberté du principal suspect.
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