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THAÏLANDE – ÉCOLOGIE: Au Nord de Nan, la ferme de tous les rêves «bio»

Journaliste : E.M.
La source : Gavroche
Date de publication : 15/09/2020
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C’est avec plaisir que nous accueillons dans les colonnes de Gavroche une nouvelle collaboratrice, Elodie. Cette passionnée d’écologie et d’agriculture durable nous emmène aux confins de la province de Nan, dans le nord de la Thaïlande, pour y découvrir une ferme «pédagogique» dédiée à l’agriculture biologique. Un voyage agricole, durable et … touristique.

 

L’histoire de Sahainan, ferme pédagogique pratiquant l’agriculture biologique dans le cadre de la permaculture, nichée à flanc de colline dans la forêt à quelques 70 kilomètres au Nord de Nan, est avant tout celle d’un parcours, individuel d’abord, familial ensuite.

 

Ce parcours, c’est d’abord celui de Sandot, ou plutôt « adjan » Sandot comme l’appellent aussi bien les stagiaires qui passent une dizaine de jours en formation sur sa propriété que les autorités locales, impressionnées qu’un simple fermier, par ailleurs hors de tous les circuits de l’agro-business et du tourisme de masse, puisse attirer sur son exploitation des songthew entiers de jeunes Farangs – dont bon nombre de Français – avides de connaissances et de savoir-faire propres à la permaculture.

 

Thung Chang, modeste bourgade

 

Pour l’anecdote d’ailleurs, les policiers de la modeste bourgade de Thung Chang ont commencé par regarder d’un oeil soupçonneux ces Occidentaux que l’antique pick-up Mazda de Sandot récupérait devant l’unique 7/11 du village, suspectant des activités illicites, essayant pendant des semaines de traquer ledit pick-up, le perdant dans la jungle, avant de finir par trouver la propriété et de faire irruption dans un cours de Sandot, où, profondément surpris par l’atmosphère studieuse, ils ont été les premiers à lui donner du « adjan » !

 

Il faut dire que le personnage, comme son parcours, est hors-norme et force l’admiration : né à Pai dans une modeste famille d’agriculteurs, devenu ingénieur électrique pour échapper à la pauvreté et au manque de considération, Sandot n’a en fait jamais cessé de fantasmer son « retour à la terre », au point de s’expatrier durant 6 ans pour travailler en Arabie Saoudite afin de s’en donner les moyens financiers. Une expérience qui par contraste a confirmé son attachement aux valeurs humaines plutôt qu’à celles de l’argent, ainsi qu’à une vie simple et en harmonie avec la nature, bien loin de l’artificialisation galopante des cités ultra-modernes érigées en plein désert.

 

Prisonnier d’un marché agricole sans avenir

 

Et pourtant, preuve qu’on ne s’affranchit pas en un claquement de doigts des modèles dominants, c’est vers une monoculture réputée rentable qu’il se tourne à son retour à Pai, investissant ses économies dans une plantation de manguiers… et réalisant dans la foulée que cela le rendait prisonnier d’un marché sur lequel, pas plus que les autres producteurs, il n’avait prise, et qu’en plus cela ne le dispensait pas d’acheter sa propre nourriture, un comble pour qui travaille la terre censée être nourricière !

 

C’est là que son cheminement vers un retour à la polyculture, à des méthodes plus respectueuses de l’environnement – celles qu’utilisaient ses aïeux avant que les compagnies de l’agro-business ne les convertissent aux engrais et autres produits phytosanitaires chimiques – a débuté, dans un but avant tout d’autosuffisance : tel un Monsieur Jourdain de l’agriculture, Sandot faisait déjà de la permaculture sans le savoir !

 

C’est la visite des responsables de la Pun Pun Organic Farm, elle située au Nord de Chiang Mai, qui a fait office de déclic : ce sont eux qui lui ont fait connaître non seulement le terme, « permaculture », mais aussi les écrits fondateurs de ce rapport à la terre, notamment ceux du scientifique australien Bill Mollison. Ce fut, sinon une révélation, du moins une confirmation de ce que Sandot avait déjà bien compris : oui, les monocultures épuisent les sols ; non, les engrais chimiques ne sont pas la solution à cet épuisement ; et ce qui est bon pour la nature étant bon pour l’homme, un affranchissement des dérives de l’agro-système productiviste ne peut qu’être souhaitable, pas seulement pour les agriculteurs, mais pour la société entière. Mais cela suppose de reconsidérer intégralement son mode de vie, parce que la permaculture ne se résume pas à l’agriculture biologique, c’est une approche systémique qui a bien intégré que productivisme et société de consommation vont de pair, et qu’on ne peut guère s’affranchir de l’un sans s’émanciper de l’autre si l’on veut éviter de détériorer son environnement !

 

Combinaison de plantes

 

C’est pourquoi la démarche de Sandot va bien au-delà du travail du sol avec des fertilisants naturels. Elle inclut par exemple des combinaisons de plantes en fonction non seulement du sol et du « micro-climat » (degré d’humidité, exposition au soleil et au vent propres à un versant de colline – ou d’un simple monticule !), mais des symbioses possibles entre elles, l’exemple le plus évident étant les buissons de citronnelle dont Sandot entoure ses parcelles de riz, qui plutôt que de tuer tous les insectes repoussent ceux qui seraient susceptibles de l’attaquer. Une culture du riz qui, réalisée sans machines – puisque se dégager au maximum des énergies fossiles, donc des engins qui les utilisent, est l’un des principes de la permaculture – demande beaucoup d’efforts et une relation très physique à la terre, entre la préparation du sol à la bêche et le repiquage des pousses à la force du pouce, une par une si elles sont jeunes ! Mais il ne faudrait pas croire que permaculture rime nécessairement avec pénibilité et lumbago : bien au contraire, son fondement, un mélange bien dosé de bon sens et de créativité, consiste à « laisser la nature travailler pour nous », par exemple en utilisant les rotations de culture et les légumineuses pour régénérer les sols en azote. Ça tombe bien, la flore et le régime alimentaire asiatiques sont riches de soja, cacahuètes et autres haricots, permettant par exemple l’adaptation du système ancestral en Amérique du Sud des « 3 sœurs » : maïs-haricot-citrouille, la 1ère plante offrant à la 2ème un support pour pousser, la 2ème fournissant l’azote, et la 3ème, avec ses larges feuilles près du sol, une protection aussi bien contre le soleil et l’évaporation que contre l’impact potentiellement destructeur des gouttes lors de fortes pluies.

 

Présence d’une source d’eau pure

 

L’accès à l’eau et sa gestion sont justement la clé de tout le reste : c’est précisément la présence d’une source d’eau pure au sommet de la propriété de Sahainan qui a décidé Sandot et sa compagne Shen à l’acquérir après la fin de leur première aventure de ferme pédagogique à Pai, victime de son succès mais surtout de la transformation de ce petit village paisible d’agriculteurs en un festival de Woodstock quasi-permanent, attirant à la ferme de jeunes volontaires Occidentaux… pas si volontaires que ça, ou en tout cas facilement distraits de leur tâche par la perspective d’un concert ou d’une fête au village. Sandot et Shen s’épuisaient à les former pour qu’au final ils s’éclipsent au bout de quelques jours malgré leur engagement : ceci, combiné à la difficulté grandissante pour les agriculteurs de Pai de cohabiter avec cette nouvelle population dont le rythme de vie diffère si totalement du leur, ainsi qu’à la tristesse d’assister aux dérives de ce tourisme devenu massif et à une forme de « dépossession » de leur territoire, a décidé il y a 5 ans de leur départ vers les montagnes de Nan encore largement préservées.

 

L’étude attentive des potentialités de ce terrain qui se trouvait à vendre (« observer et interagir » est le 1er des 12 principes de David Holmgren, autre « père fondateur » de la permaculture), 2 hectares tout en pentes – comme dit Sandot, « quand on marche à Sahainan, c’est qu’on est soit en train de monter, soit en train de descendre » – et surtout la présence de cette source d’eau parfaitement potable sur la propriété, ont décidé du reste. Car c’est cette source qui permet à Saihanan de sortir du système d’adduction et d’évacuation des eaux, peu conforme à leurs idéaux – l’eau du robinet est chlorée pour être désinfectée, alors qu’on ne peut même pas la boire ; le traitement des eaux usées recourt à l’usage de produits chimiques – pour mieux mettre en pratique leurs principes d’écologie circulaire : cette eau bienfaisante qui sort de la terre y retourne directement, à charge pour eux de faire en sorte qu’elle soit assimilable et même profitable à la nature même après usage. Ce qui suppose par exemple que les « eaux noires » des toilettes vont directement fertiliser un jardin prévu à cet effet, et que les « eaux grises » de la vaisselle irriguent un « kitchen garden » – la combinaison de particules alimentaires et d’humidité attire les vers, garantie d’un bon travail du sol : une fois de plus « la nature travaille pour nous »-, à condition de ne pas utiliser de produit vaisselle – les cendres du brasero qui sert à la cuisine remplissent parfaitement cette fonction – ni, plus radical, de savon (du moins en grande quantité), car même biologique son caractère basique risquerait de déséquilibrer le pH du sol.

 

Un engagement de chaque instant

 

Alors évidemment, cet engagement de chaque instant pour ne pas agresser l’environnement suppose un mode de vie que Sandot appelle « the simple life » mais qui, aux yeux des citadins en visite, peut apparaître comme frugal, pour ne pas dire frustrant, parce qu’il va bien plus loin que d’acheter des légumes bio, entretenir un bac à compost sur son balcon et choisir des ampoules à basse consommation : à Sahainan, l’électricité venant exclusivement des panneaux solaires, la basse consommation n’est pas qu’une option, c’est une obligation ! Et pourtant, quelle satisfaction que cette autarcie, totale sur le plan alimentaire grâce à ce véritable jardin d’Eden et quasi-complète sur les autres, surtout en ces temps de pandémie et d’effondrement du tourisme étranger, qui devrait pousser nombre de Thaïlandais à regagner leur campagne et à s’intéresser à la production de leur propre nourriture… C’est en tout cas ce qu’espèrent Sandot et Shen qui, parce qu’ils ont choisi de « consommer leurs productions et de vendre leurs connaissances », sont plus que prêts à accompagner ces « retours à la terre », que ce soit par leur activité de consulting qu’ils peuvent mener à distance pour aider les futurs agriculteurs à concevoir l’agencement de leurs cultures et bâtiments, ou bien via la formation qu’ils animent chaque mois (8800 THB les 10 jours, hébergement et repas compris, et un programme varié alliant théorie et pratique, de l’art de réussir son compost à celui de tresser des paniers en bambou, en passant par les techniques de travail du sol, de bouturage et d’éco-construction).

 

Terrible saison sèche

 

Pour l’anecdote, ce stage rencontrait un tel succès jusqu’à la récente fermeture des frontières qu’il y a un an à peu près, Shen a un temps caressé l’espoir que les bénéfices puissent être investis dans la construction d’une maison plus confortable que leur actuelle – pittoresque et fonctionnelle, mais rustique – habitation de teck et de bambou… et puis est venue une terrible saison sèche, rappelant à tous cette règle d’airain de la nature : sans eau, rien n’est possible. Et surtout pas l’agriculture. C’est donc de bon cœur que Shen a renoncé à la maison de ses rêves au profit de l’achat d’un réservoir géant destiné à stocker à la fois l’eau de la source et l’eau de pluie, garantissant que même en cas de coup dur leur exploitation – et celles des voisins, auto-consommation n’étant évidemment pas synonyme de repli sur soi, comme le prouve par ailleurs le fort investissement du couple dans la communauté de Thung Chang – survivrait.

 

Et on ne peut que s’en réjouir, tant est précieux ce lieu qui, à son échelle, donne corps à la devise altermondialiste : « un autre monde est possible ».

 

E.M.

 

Plus d’informations cliquez sur le site de Sahainan et sur la page Facebook associée.

 

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