
L’économie thaïlandaise a affiché une relative stabilité en mars, soutenue par la vigueur des exportations. Mais les premiers effets du conflit au Moyen-Orient commencent déjà à se faire sentir, laissant entrevoir des risques accrus pour les mois à venir.
Des exportations solides, tirées par l’électronique
Après un début d’année plus hésitant, l’activité a rebondi en mars. Les exportations, hors or, ont progressé de 19 % sur un an et de 3,3 % sur un mois, portées principalement par le secteur électronique. La demande technologique, notamment en provenance des États-Unis et de la Malaisie, reste un moteur clé.
D’autres secteurs contribuent également à cette dynamique, comme les produits pétroliers, l’acier ou encore la joaillerie, soutenue par les exportations vers l’Inde. En revanche, les échanges avec le Moyen-Orient se contractent nettement.
Une reprise industrielle encore fragile
La production manufacturière a enregistré une hausse de 1,8 % sur un mois et de 0,8 % sur un an, après un repli en février. Cette amélioration repose notamment sur la hausse de la production sucrière et la reprise des raffineries pétrolières.
Le secteur automobile montre également des signes de redressement. Toutefois, certaines industries restent sous pression, notamment les matériaux de construction, ainsi que le caoutchouc et les plastiques, pénalisés par des coûts plus élevés et des contraintes d’approvisionnement.
Le tourisme et les services commencent à ralentir
Du côté de la demande intérieure, les signaux sont plus contrastés. La consommation privée recule de 0,8 % sur un mois, en raison d’un ralentissement des services, en particulier dans l’hôtellerie et la restauration.
Le tourisme montre des premiers signes d’essoufflement, avec une baisse des arrivées étrangères de 8,7 % sur un mois, notamment en provenance du Moyen-Orient et d’Europe. À l’inverse, la consommation de biens courants progresse, portée par des achats anticipés face à la hausse attendue des prix.
Un équilibre extérieur sous pression
L’excédent courant s’est réduit à 0,6 milliard de dollars en mars. Si les recettes touristiques soutiennent encore la balance des services, le commerce de biens est repassé en déficit, sous l’effet d’une hausse des importations, notamment en électronique et en or.
Cette tendance pourrait se prolonger au deuxième trimestre, sous l’effet de facteurs saisonniers et de conditions commerciales moins favorables.
Des perspectives assombries par l’énergie
Si l’économie thaïlandaise a résisté au premier trimestre grâce aux exportations, les perspectives s’assombrissent. La hausse des prix de l’énergie et des intrants risque de peser sur la demande intérieure, dans un contexte où les ménages disposent de marges financières limitées.
L’industrie pourrait également être affectée par le double effet d’une demande plus faible et de coûts de production en hausse. Quant aux services, ils restent vulnérables à un ralentissement du tourisme.
Dans ce contexte, les risques pesant sur la croissance se renforcent, tandis que l’inflation amorce une remontée sous l’effet du renchérissement de l’énergie.
Gaston Baht
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