
Après un début d’année en fanfare, les exportations thaïlandaises marquent un net ralentissement. En février, elles ont progressé de +9,9 % sur un an, pour atteindre 29,4 milliards de dollars, loin de la hausse spectaculaire de +24,4 % enregistrée en janvier.
Ce coup de frein s’explique en grande partie par un effet de base défavorable dans l’électronique et par la chute marquée des exportations de pierres précieuses et bijoux, en recul de 16,2 %.
Une industrie toujours portée par l’électronique
Derrière ce ralentissement apparent, la dynamique industrielle reste solide. Les exportations manufacturières progressent de +13,3 %, soutenues par une forte demande en composants électroniques.
Les segments liés aux nouvelles technologies tirent particulièrement leur épingle du jeu : équipements téléphoniques, composants pour centres de données ou encore ordinateurs enregistrent des hausses spectaculaires, dans le sillage des investissements liés à l’intelligence artificielle.
Dans l’automobile, le contraste est frappant : les exportations de pick-up bondissent de +56,6 %, tandis que celles de voitures particulières chutent de -34,8 %, confirmant la dépendance du secteur aux véhicules utilitaires.
Des marchés à deux vitesses
Les performances à l’export révèlent également une forte divergence géographique. Les États-Unis s’imposent comme le moteur principal, avec une croissance de +40,5 %. L’ASEAN et l’Union européenne restent bien orientées, tandis que la Chine marque un coup d’arrêt brutal, avec une progression quasi nulle (+0,4 %).
Plus inquiétant encore, les échanges avec les pays du Mékong basculent dans le rouge, signe d’un environnement régional plus fragile.
L’agriculture en difficulté
À l’inverse de l’industrie, le secteur agricole continue de souffrir. Les exportations reculent pour le septième mois consécutif (-3,6 %), pénalisées notamment par la baisse du caoutchouc, du poulet et du riz. Quelques niches résistent toutefois, à l’image des fruits frais et des huiles, mais elles ne suffisent pas à compenser le repli global.
Un déficit commercial sous influence de l’or
Autre signal à surveiller : la forte hausse des importations, en progression de +31,8 %, qui creuse le déficit commercial à 2,8 milliards de dollars. Mais ce déséquilibre s’explique en grande partie par un facteur spécifique : les importations d’or, qui ont bondi de plus de 150 %. Sans cet effet, la Thaïlande aurait enregistré un léger excédent.
Au-delà de l’or, les importations de biens d’équipement et de composants électroniques restent très dynamiques, reflet des investissements en cours et des recompositions des chaînes d’approvisionnement.
Malgré ce ralentissement en février, la tendance reste globalement positive sur les deux premiers mois de l’année, avec une hausse cumulée de +17 %. Mais les risques s’accumulent. Les tensions au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, pourraient renchérir les coûts énergétiques et logistiques. Un conflit prolongé pèserait également sur la conjoncture mondiale.
Gaston Baht
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