Accueil À la une THAÏLANDE – INONDATIONS : La France et l’Europe peuvent-elles aider Bangkok à mieux se protéger ?

THAÏLANDE – INONDATIONS : La France et l’Europe peuvent-elles aider Bangkok à mieux se protéger ?

Date de publication : 14/10/2026

Chao Praya - risques d'inondations

 

Alors que près de 2,45 millions de personnes restent affectées par les inondations en Thaïlande, la France et l’Union européenne annoncent leur soutien à un programme de protection du bassin du Chao Phraya. Présenté mercredi 14 octobre à Bangkok, ce partenariat entend mieux prévenir les crues et protéger les zones économiques. Quinze ans après la catastrophe de 2011, le défi reste immense.

 

Les inondations qui frappent la Thaïlande depuis septembre sont loin d’être terminées. Selon le dernier bilan du Département de prévention et d’atténuation des catastrophes (DDPM), publié mercredi 14 octobre, près de 2,45 millions de personnes restent affectées dans 20 provinces et à Bangkok. Dans la capitale, quelque 329 000 foyers sont concernés.

 

Ces chiffres rappellent la vulnérabilité persistante du royaume face aux crues, particulièrement dans le bassin du Chao Phraya. Ce grand fleuve, qui traverse Bangkok avant de se jeter dans le golfe de Thaïlande, draine une vaste région agricole et industrielle dont l’activité est essentielle à l’économie nationale.

 

C’est dans ce contexte qu’Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée notamment des Français de l’étranger et des Partenariats internationaux, a participé, mercredi 14 octobre, au lancement d’un programme international destiné à améliorer la gestion des risques d’inondation.

 

La présentation s’est déroulée à Bangkok, en marge des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.

 

La France participe au financement

 

La Commission européenne a annoncé une subvention de 12 millions d’euros pour soutenir la gestion de l’eau dans la partie orientale du bassin inférieur du Chao Phraya. Cette contribution doit être complétée par un prêt de l’Agence française de développement (AFD) et un cofinancement de la Banque asiatique de développement.

 

Selon Éléonore Caroit, cette opération prévoit notamment le premier prêt de l’AFD en Thaïlande. Son montant n’a toutefois pas été précisé dans les communiqués consultés. Le programme prévoit la modernisation d’environ 460 kilomètres de canaux et de 23 ouvrages hydrauliques. Il doit également renforcer les outils numériques de prévision et les systèmes d’alerte précoce.

 

À terme, les partenaires estiment que ces aménagements pourraient contribuer à éviter quelque 10 milliards de bahts de dommages par an, soit environ 260 millions d’euros. Il s’agit d’une estimation prévisionnelle, et non d’un résultat garanti.

 

Pourquoi l’Europe s’intéresse-t-elle au Chao Phraya ?

 

L’enjeu dépasse la seule prévention des catastrophes naturelles. Le bassin du Chao Phraya abrite de nombreuses activités industrielles, notamment dans les secteurs automobile et électronique. Les inondations catastrophiques de 2011 avaient démontré combien une paralysie de cette région pouvait perturber les chaînes d’approvisionnement internationales.

 

La France et ses partenaires européens ont donc également un intérêt économique à renforcer la protection de ce territoire. Dans une publication diffusée après la réunion, Éléonore Caroit a souligné que la Thaïlande occupait une place importante dans les chaînes de valeur reliant les économies européennes et asiatiques.

 

Pour Paris, cette coopération constitue aussi une occasion de valoriser l’expertise française en matière de gestion de l’eau, d’infrastructures hydrauliques et de prévision des risques climatiques.

 

Quinze ans après 2011, le défi demeure

 

Le programme présenté à Bangkok s’inscrit dans la stratégie thaïlandaise de gestion de l’eau à long terme. Il ne s’agit donc pas d’un projet entièrement nouveau, mais d’une nouvelle étape dans la mobilisation des financements et des partenaires internationaux. La Banque asiatique de développement avait d’ailleurs organisé, le 9 octobre, une présentation technique destinée aux entreprises susceptibles de participer aux futurs travaux.

 

Reste désormais à connaître le calendrier précis des aménagements, les modalités du prêt français et la date à laquelle les premières infrastructures pourront entrer en service. Car pour les habitants de Bangkok et des provinces du bassin du Chao Phraya, l’essentiel ne réside pas dans les annonces financières. Il se mesurera à la capacité de ces investissements à réduire réellement les dégâts lors des prochaines grandes crues.

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