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Thaïlande, manifestations : un dangereux poker-menteur (11/11/13)

Journaliste : Redaction
La source : Gavroche
Date de publication : 11/11/2013
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La mobilisation des Chemises rouges ce week-end à Bangkok n’a pas tourné en une démonstration de force comme annoncé. Elle a montré toutefois aux manifestants opposés à la loi d’amnistie qu’il faudra compter sur leur détermination à « protéger le gouvernement » des attaques de l’opposition emmenée par les Démocrates, dont les revendications semblent converger aujourd’hui vers un seul objectif : le départ de Yingluck Shinawatra.

 

Alors que le typhon Haiyan vient d’atteindre les côtes du Vietnam ce lundi matin, la Thaïlande se prépare de son côté à une tempête politique. C’est aujourd’hui en effet que le Sénat décidera du sort du projet de loi anti-amnistie qui a poussé des dizaines de milliers de gens dans les rues de Bangkok depuis la semaine dernière en signe de protestation. Au même moment, la Cour Internationale de Justice (CIJ), qui doit statuer sur l’attribution d’une zone territoriale revendiquée par le Cambodge et la Thaïlande autour du temple Preah Vihear, pourrait attiser les tensions si le verdict ne devait pas être en faveur du royaume.

 

Le gouvernement thaïlandais, qui a appelé au calme et à la raison quelle que soit la décision de la CIJ, ne sera probablement pas entendu par les ultras nationalistes de la Damma Army et par le STR (réseau d’étudiants). Leurs partisans, qui campent sur Ratchadamnoen Nok, tout près du grand rassemblement emmené par les Démocrates autour du Democracy Monument, pourraient tenter de pénétrer dans la « zone interdite » dressée autour de Parlement et de la Maison du gouvernement par les forces de l’ordre, qui y ont positionné des milliers de policiers anti-émeutes.
Au pont Makkawan, un impressionnant dispositif formé de blocs de protection en béton, de rangées de barbelés, de filets anti-projectiles et de cordons de CRS protège la ligne de démarcation dressée par les forces de l’ordre et qui renvoie étrangement au souvenir du camp retranché des Chemises Rouges en 2010 à Ratchaprasong…

 

Des badauds viennent se faire photographier devant le mur tagué de slogans hostiles au gouvernement et où ont été disposés hier soir des drapeaux cambodgiens pour symboliser la frontière entre les deux pays, la Thaïlande étant bien sûr du côté des manifestants…
Ils étaient d’ailleurs encore très nombreux ce week-end, plus de 30 000, à s’être rendu sur le site de la manifestation anti-gouvernementale. Quiconque n’a jamais vu un rassemblement politique de cet ampleur à Bangkok – comme ces deux touristes coréennes hagardes traînant leurs valises au milieu de la foule –, se croirait à un grand festival populaire, entre concert et foire, avec ses groupes folkloriques, chanteurs et musiciens, ses écrans géants, sa sono à faire envier Lady Gaga, ses salons de massages improvisés, ses stands de nourriture innombrables et son marché aux puces où tout s’achète – de la panoplie complète du manifestant, sifflets et chaises dépliantes en tête, en passant par des objets improbables comme des jouets pour enfants, des cosmétiques, accessoires pour smart phones, des chaussures et même des biberons de lait pour nourrir boucs, chèvres et porcelets dans leur cage…

 

Mais au-delà du folklore local, les discours des leaders démocrates sont eux devenus plus virulents et ont chauffé à blanc des manifestants, pour la très grande majorité issus de la classe moyenne de Bangkok qui, après avoir obtenu des promesses du parti au pouvoir d’enterrer le projet de loi anti-amnistie, veulent poursuivre plus loin et obtenir la « tête » de Yingluck.
Suthep et Abhisit, qui ont mené la fronde contre la loi anti-amnistie votée par le Parlement, forts d’avoir obtenu gain de cause cherchent maintenant à déstabiliser un peu plus le gouvernement en intensifiant la pression dans la rue.

 

Alors que les leaders démocrates avaient jusque là montré leur intention de rester dans les limites du débat parlementaire, allant même jusqu’à faire scission avec les Chemises jaunes dont les leaders historiques ont jeté l’éponge, ce jeu de poker-menteur risque de réveiller d’autres Chemises, rouges celles là, pro-gouvernementales et déterminées, comme on l’a vu hier à Ratchaprasong (2000 manifestants) et Muang Thong Thani (de 20 000 à 30 000 personnes), à « protéger » le gouvernement.

 

L’avenir dira si ce coup de force des Démocrates leur sera profitable. Il risque surtout de rapprocher un peu plus le royaume d’une nouvelle fracture de plus en plus marquée par la haine entre deux camps qui ne sont pas près de se réconcilier.

 

Philippe Plénacoste

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