Qui, pour succéder à l’ancienne première ministre Paetongtarn Shinawatra révoquée par la justice ?
Selon plusieurs sources parlementaires, le parti Bhumjaithai, dirigé par Anutin Charnvirakul, aurait déjà sécurisé le soutien de plus de 280 députés, un seuil suffisant pour former une majorité à la Chambre des représentants. Le bloc annoncé inclut notamment le People’s Party (143 sièges, actuellement dans l’opposition), le Kla Tham (25), le Palang Pracharath (20), ainsi que des soutiens plus modestes du Parti démocrate, de la faction de Suchart Chomklin au sein de Ruam Thai Sang Chart, et de plusieurs petits partis. À ces appuis viendraient s’ajouter 15 à 17 députés du Nord-Est issus du Pheu Thai, frustrés d’avoir été écartés des précédents remaniements ministériels.
Le parti Pheu Thai peut il conserver le poste de PM ?
Le Pheu Thai, toujours à la tête du gouvernement par intérim, s’efforce de conserver son emprise. Son leader et Premier ministre par intérim, Phumtham Wechayachai, a sèchement répondu aux rumeurs : « S’ils disposent réellement de 280 voix, qu’ils forment le gouvernement. » Il a averti qu’un basculement de majorité effacerait les chantiers en cours, notamment l’enquête sur le litige foncier de Khao Kradong et celle sur les irrégularités des élections sénatoriales de 2024. Pour mémoire, le litige foncier en question met en cause le clan du milliardaire et ancien ministre Newin Chidchob, « parrain » de la province de Buriram.
Le Pheu Thai affirme que sa coalition actuelle – incluant Ruam Thai Sang Chart, le Parti démocrate, Chartthaipattana et Prachachat – reste soudée et qu’elle compte toujours porter la candidature de Chaikasem Nitisiri. Mais le Kla Tham, membre clé de la coalition, n’a pas encore confirmé son soutien.
La contre-offensive du Bhumjaithai
De son côté, le Bhumjaithai a officialisé son alliance avec le People’s Party (héritier du parti de l’avenir, dont les dirigeants successifs ont été écartés par la justice pour lèse majesté) posant les jalons d’un futur gouvernement. Les deux formations ont fixé trois priorités : résoudre le différend frontalier avec le Cambodge, organiser un référendum constitutionnel pour installer une Assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Loi fondamentale, et dissoudre la Chambre dans les quatre mois suivant la présentation de la déclaration de politique générale, afin de « rendre la parole au peuple ».
Une équation encore incertaine
Entre un Pheu Thai affaibli mais encore influent et un Bhumjaithai en position de force, l’avenir politique de la Thaïlande reste suspendu aux tractations de coulisses. Le secrétariat de la Chambre des représentants a d’ailleurs convoqué deux sessions spéciales, les 3 et 5 septembre, qui pourraient ouvrir la voie au vote décisif pour élire le prochain Premier ministre.
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